Le 28, 29 et 30 août Anna Patten jettera un pont entre l’Inde et l’Afrique en utilisant la scène du MGI pour ériger son pilier central. Le nouveau ballet de la Arts Academy mélangera les musiques de même que les traditions chantées et dansées des deux continents pour un spectacle imaginé en grand format. Des artistes internationaux et locaux se retrouveront au sein de la même chorégraphie de Rhythm on Fire.
Dans toutes les écoles de danses indiennes il est enseigné que : “Dance is equal to beauty.” Cela, Anna Patten ne l’a jamais oublié et en a fait un principe fondamental mis de l’avant dans chacun de ses spectacles. Rhythm on Fire respectera cette tradition. Au niveau de la danse, des chansons, de la musique elle s’est assurée d’avoir fait appel aux meilleurs. Mais la chorégraphe d’Arts Academy met tout en oeuvre pour que le spectacle soit présenté dans un cadre qui respirera la beauté. Au niveau du décor, des costumes, du maquillage, de la chorégraphie chaque détail sera pris en considération. Ce ballet indocéanique devra toucher les coeurs et marquer les âmes. Pour y arriver, Anna Patten prend en ce moment le temps d’enfiler un après l’autre les éléments qui composeront « la belle parure de diamants » qui brillera quand les lumières de la scène seront allumées.
Réunir.
“Je fais ce spectacle parce que je veux continuer à faire progresser l’art. Il s’éteint à Maurice. Nous ne sommes plus nombreux à vouloir le maintenir. Personne ne nous soutien, mais je suis de ceux qui veulent encore prendre le risque et permettre à notre art d’avancer”, dit la danseuse et chorégraphe. Certains termes devenus vides de sens et trop clichés à ses yeux font hésiter Anna Patten. Evitons alors de dire mauricianisme, fusion et tout le tralala qui donne bonne conscience mais qui sonne creux. Cela fait pourtant longtemps que cette danseuse de formation orientale a compris la richesse et la beauté du métissage qu’elle expose dans ses oeuvres depuis des années. Sur la scène du MGI elle mélangera encore une fois les cultures. “Une fois de plus je mets l’Inde et l’Afrique dans la même chorégraphie. Ces continents ont deux cultures extraordinaires qui sont très fortes quand on les réunit.”
Dix musiciens, un de New Delhi, l’autre du Pakistan. Djembés, tablas, d’autres percussions de la Grande Péninsule, des ravannes, une guitare, une basse, un clavier et un Sarangi : “C’est est un vieil instrument indien qui produit une sonorité proche de la voix. J’en suis tombée amoureuse et sa musique qui accompagne très bien la danse.” L’instrument sera joué par un spécialiste qui avait fait le déplacement à Maurice quand Arts Academy avait présenté Kathazz en 2010. Deux chanteurs de ghazal feront le déplacement et une voix africaine résonnera sur la scène. Elle comptera sur l’étroit soutien du percussionniste et tablatiste Shakti Shane Ramchurn pour se projet. “Nos musiciens proposeront une musique que je décris comme visuelle. Ce n’est pas quelque chose que l’on écoute les yeux fermés. C’est une musique puissante que l’on observe et que l’on ressent avec intensité.”
Bruler.
Rhythm on Fire lui était devenu un brulant besoin. Pour la créatrice, ce spectacle est un exutoire face à ce trop plein d’inspiration qui l’envahissait et qui restait confiné en elle en l’absence d’occasion et d’espace pour s’exprimer. Tel est souvent le sort des créateurs mauriciens. “J’avais aussi envie de danser”, explique-t-elle encore. “J’aime danser, créer, offrir de belles choses au public.” Elle sera principalement entourée des danseurs de la Arts Academy.
Ce spectacle, Anna Patten l’a aussi conçu en mémoire à Sanedhip Bhimjee. Ce grand danseur mauricien a été son proche complice sur scène et dans la vie durant des années. Suivant son décès prématuré dû à un cancer elle lui avait offert le spectacle Sun…Deep, l’année dernière. Rhythm on Fire lui sera dédié. “Je compte venir avec une création à sa mémoire chaque année pour que l’on n’oublie ni son nom ni son image.”