« Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés ».  [Victor Hugo]

La société du regard nous encourage souvent à former des idées préconçues sur des gens ou une situation particulière.  Les préjugés nous sont inculqués par notre environnement social dont on arrive hélas, difficilement à se débarrasser.

Zibya Issack

Il y avait un jour, un jeune homme impulsif et colérique qui se méfiait de tout le monde.

Un matin, il croisa sur son chemin un jeune garçon qui le regardait avec tendresse. Le jeune homme se dit alors avec colère :  « Il se met sur mon chemin tous les jours. Où sont ses parents »?

À midi, il vit un vieillard qui le suivait du regard de son balcon. Il se dit alors : «  Celui-là, il me regarde tous les jours avec le même sourire idiot ».

Dans l’après-midi, il croisa sur son chemin une femme, qui était pressée de prendre le bus de quinze heures. Il rouspéta alors : « Mais non ! Je vais monter dans le bus avant elle. Quel culot » !

Dans la soirée, en rentrant chez lui, il y avait ce chat qui cherchait à jouer avec lui. Il cria alors : « Ce vilain chat se met constamment sur ma route pour propager son infection » !

Le lendemain, il rencontra un homme sage qui lui donna une paire de lunettes  pour voir les choses autrement. Il découvrit alors la vérité.

Les parents du petit garçon, qu’il avait repoussé le matin, étaient morts dans un accident de voiture. Il cherchait donc l’attention des gens.

Le vieillard, qui le regardait passer, avait perdu sa femme depuis plus d’un  an. Il se sentait très seul et cherchait quelqu’un à qui parler.

La jeune femme qui était pressée d’attraper le bus de quinze heures se dépêchait en réalité de retrouver sa mère à l’hôpital.

Quant au vilain chat, il avait été rejeté par son propriétaire.  Il n’avait pas mangé depuis trois jours.

Le jeune homme avait la gorge nouée. Il se dit alors : « Je ne devrais pas juger les gens sans connaître la vérité à leur sujet ».

Les préjugés peuvent se modifier en fonction d’une nouvelle expérience et surtout en s’informant, en cherchant à connaître la vérité. S’il est vrai que les préjugés viennent de l’œil et non du cœur, il faudrait peut-être plutôt essayer de voir les choses avec le cœur qu’avec les yeux, n’est-ce pas ?