La Peoples’ Cooperative Renewable Energy (PCRE) a, lors de son atelier de travail de jeudi dernier, à Petite-Rivière, appelé la population à réfléchir sur une nouvelle manière de production dans le pays « et ce que nous pouvons faire pour remettre en question ce qui existe déjà, tout en créant une nouvelle manière de vivre ».
« Dans la production énergétique », a déclaré le président de CARES, Ashok Subron, « on a créé des conditions qui menacent même notre existence, dont nous subissons déjà les conséquences en termes de réchauffement climatique ». Il est impératif, dit-il, de bouger vers les énergies renouvelables. Ashok Subron a rappelé qu’auparavant seules deux ou trois compagnies produisaient de l’électricité. Puis, le Central Electricity Board (CEB) a été mis sur pied pour alimenter le pays en électricité. Mais, la politique énergétique du gouvernement a changé en 1998 dans le sens qu’elle a été privatisée. « Les établissements sucriers qui contrôlent la richesse du pays sont entrés dans la production d’électricité et aujourd’hui ils produisent environ 60 % de la consommation totale du pays. Ils ont prétendu utiliser la bagasse pour cet exercice mais finalement ils le font avec du charbon. Ce qui pose un gros problème à la nature et à notre environnement », a-t-il fait ressortir.
Ashok Subron a parlé des ressources qui sont utilisées pour produire de l’électricité à Maurice, dont le charbon et l’huile lourde qui diminuent dans le monde. « Tôt ou tard ces ressources viendront à manquer et leurs prix vont augmenter ». Pourtant, a-t-il ajouté, « nous avons le soleil qui est gratuit ». Et de faire ressortir que le niveau d’ensoleillement de notre pays est l’un des plus hauts au monde. « Nous devons pouvoir produire de l’énergie solaire ».
Pour en arriver là, Ashok Subron voit plusieurs défis à relever : entre autres, comment changer la politique énergétique de l’État, comment amener le CEB à cesser d’être « un vulgaire courtier » pour les entreprises du privé et comment le forcer à reconnaître la société coopérative que le PCRE veut créer bientôt en vue de mettre en place une ferme d’énergie renouvelable. Des détails ont ensuite été donnés sur le projet de mise en place de la première société coopérative dans le domaine de l’énergie renouvelable. La démarche est de créer une centaine de fermes photovoltaïques à travers le pays avec la participation de tout un chacun, surtout des petits planteurs qui sont nombreux à abandonner leurs terres sous culture de canne à sucre.