Poursuivi en Cour intermédiaire pour enlèvement et abus sexuel sur deux fillettes de 8 et 10 ans, Lallchand Boodhoo avait été condamné à purger huit ans de prison sous quatre charges d’abus sexuel. Il avait interjeté appel de cette condamnation, avançant 10 points d’appel, dont le fait qu’il n’y avait pas de forensic evidence prouvant sa culpabilité. Dans un arrêt rendu mardi 5 juillet, le Double Bench de la Cour suprême, composé de l’Acting Senior Puisne Judge Saheeda Peeroo et de la juge Nirmala Devat, a maintenu la condamnation, trouvant qu’il n’y avait aucune raison valable avancée par l’appelant pour reconsidérer cette condamnation.
Dans l’énoncé du jugement de la magistrate de première instance, rendu en mai 2015, cette dernière s’était attardée sur la gravité du délit commis sur ces deux enfants sans défense. Elle avait qualifié l’accusé de « prédateur sexuel ».
Cette affaire remonte au 21 mars 2013. Lallchand Boodhoo, déjà condamné dans le passé pour des délits de viol, de sodomie et d’actes indécents, avait enlevé deux soeurs, de 8 et 10 ans, dans la région de Bel-Air-Rivière-Sèche. Les fillettes se rendaient à la boutique lorsqu’elles ont été abordées par Boodhoo. Âgé alors de 41 ans, ce marchand de fruits à Saint-Pierre était en liberté depuis décembre 2012 après avoir purgé une longue peine d’emprisonnement. Ce récidiviste devait les installer de force sur sa moto avant de prendre la direction d’un champ de cannes, situé derrière le kovil du village de Clémencia. Sur place, il devait forcer l’une à se soumettre à ses sévices sexuels alors que l’autre avait été contrainte d’assister à la scène. Lallchand Boodhoo avait été arrêté le soir même ; il se cachait derrière un amas de pierres dans le champ de cannes après avoir été pris à partie par des badauds qui l’avaient surpris avec les deux fillettes.
Lors de son procès, Lallchand Boodhoo avait demandé à la cour de prendre en considération le fait qu’il était père de deux enfants et qu’il était seul à subvenir à leurs besoins. La magistrate avait toutefois rappelé la gravité du crime et les circonstances entourant ce qui s’était passé. L’accusé avait plaidé non coupable et était défendu par Me Rama Valayden. Lors du procès en appel, la poursuite était représentée par Me Kevin Rengasamy.