D.S.T

Le Premier ministre a affirmé, lors d’une récente conférence de presse, que la croissance économique cette année tournerait autour de 3,9% alors que le Chief Whip, Bobby Hurreeram, a, lui, récemment déclaré que le taux de chômage à Maurice est de moins de 7%. Cependant, force est de constater que beaucoup de Mauriciens n’ont pas d’emploi soit en raison de leur manque de compétence dans certains domaines, soit à cause de la saturation.

Beaucoup de jeunes diplômés se retrouvent à la maison sans emploi et, malgré les nombreux efforts consentis par le gouvernement, à travers le Youth Employment Programme et le Service to Mauritius Programme, entre autres, la situation ne s’améliore guère. En tant que « gradué chômeur », je me demande souvent sur quels critères les autres sont employés alors que moi non, d’autant que ceux décrochant des postes et moi avons les mêmes qualifications. Est-ce en raison de mon patronyme ? En raison du fait que je n’ai pas de lien avec X parti politique ? À cause de ma communauté, mon appartenance ethnique ? La politique de l’autruche pratiquée par bon nombre de nos compatriotes fera que toutes mes interrogations seront sans réponses…

Par ailleurs, l’exode des cerveaux est un autre facteur qui affecte l’économie de notre pays. En tant que patriote, j’étais souvent en colère contre ces personnes qui obtiennent des diplômes à Maurice ou des bourses de l’État, pour finalement travailler pour un pays étranger. Mais au fil des années, j’ai commencé à comprendre leur motivation. Pourquoi travailler dans un pays où la sécurité d’emploi n’est pas assurée, où il y a des interventions “de lao” qui viennent compromettre votre intégrité et où les chances de promotion sont faibles lorsque vous n’êtes pas proches des “Gro palto”. Cela me désole d’écrire ça, mais nous ne pourrons malheureusement pas arrêter cette hémorragie.

Cependant, patriote que je suis, j’ai au fond de moi, de l’optimisme, par rapport à l’avenir de notre île. Malgré le fait que tout semble être contre nous, nous sommes un peuple qui a à maintes reprises su faire preuve de résilience et de combativité. Les prochaines années, les prochains gouvernements, les prochaines élections auront un rôle important quant à la façon dont nous façonnerons notre avenir. Nous devrons sans aucun doute prôner une politique de rupture et cesser de penser comme nous l’avons toujours fait. Seul un changement de mentalité pourra nous aider à aller de victoire en victoire et de progrès en progrès.

Nous devrons apprendre de nos erreurs passées et envisager l’avenir sereinement, et ce en prenant en compte les besoins du peuple, ceux des générations futures et en anticipant les défis auxquels nous ferons face dans les 50 prochaines années. Commençons à nous y préparer dès maintenant !