Une nouvelle école d’art à Maurice pour développer les talents dans divers domaines sans être forcément diplômés et deux manifestations malgré leur côté un peu universitaire ont eu le mérite d’exister, de prouver la bonne intention de certaines agences et institutions : « Creatives Make it Happen » organisée par le « Arts and Culture Trust » et l’université de Johannesburg (8 au 10 mars 2015). Khrishna Luchoomun, plasticien et enseignant à l’Institut Mahatma Gandhi, a été invité à participer à cette conférence organisée par Pro Helvetia (une agence culturelle Suisse). Ou est-ce que le continent africain se situe par rapport aux industries creatives? C’était la question au coeur des débats. C’était aussi l’occasion pour des gens travaillant à différents niveaux et dans des contextes différents de s’enrichir mutuellement. Une deuxième conférence, « Advocacy for Arts Education in Africa », à l`initiative du NEPAD (New Partnership for Africa’s Development) du 11 au 13 mars 2015, a mis l’accent sur l`enseignement de l’art. Il s’agissait de faire le point sur la situation de l’éducation en matière d’art dans les pays de la SADC. Les participants devaient élaborer un document pour mettre en avant l`importance des arts, leur enseignement en Afrique. Krishna Luchoomun en a profité pour parler de la situation à Maurice : « There has been information about an art school from both the Ministry of Education and the Minister of Arts and Culture. Is this going to be another Art school to produce artists and art teachers? » Il nous faut une école d`art, souligne K. Luchoomun, différente de celle du MGI et dédiée aux différents aspects de l`art (musique, dance, théâtre, arts visuels, etc.). Une école pour les jeunes qui n’ont pas forcément les qualifications requises, mais du talent et souhaitent devenir des entrepreneurs créatifs dans un secteur dynamique (animation, vidéo, etc.) et faire de l’art leur profession.
La conférence axée sur l’enseignement de l’art a permis de noter une grande reconnaissance du potentiel de l’Afrique et sa force grandissante dans les champs économique, politique, culturel. Il est reconnu que pour développer ce potentiel, l`éducation, le développement des ressources humaines, entre autres, sont importants. En 2006, l’UNESCO avait abrité la première conférence mondiale  « World Conference on Arts Education » à Lisbonne. Les objectifs visés : développer les capacités humaines, améliorer la qualité de l’éducation, promouvoir la diversité de l’expression culturelle, élaborer des outils pour aider les enseignants. L’éducation artistique étant un droit fondamental (droit humain) pour tous les apprenants, y compris ceux qui sont souvent exclus du système éducatif. On pourrait aller plus loin concernant les politiques en matière d`enseignement de l’art. Krishna Luchoomun observe un état de fait : »The Mauritius education system at primary and secondary level is too elitist and academic. Art is not considered as  essential in the teaching and learning process. There is a need to Infuse the Arts into the teaching/learning process to make students capable of using their imaginations and  spatial abilities, and attempt problem solving, without relying solely on mathematical or verbal skills.
At primary level art is almost absent. It is part of the curriculum not as a subject but as an optional activity. But even as an activity Art is not taken seriously. The focus is mainly of examinable subjects. This situation creates a big gap in art education between Pre-primary and Secondary education. »
Cependant, il est très important pour un pays multiculturel comme Maurice d’avoir recours à l`art dans diverses étapes du développement de ses jeunes pour promouvoir la diversité culturelle, la pensée critique, le sens créatif. « Policymakers in Mauritius have not come to realize the real potential of art not only in enhancing the learning process and in fostering national identity but also as a wealth-generating agent. » L’art peut nous apporter une meilleure éducation, une vie meilleure, voire un monde meilleur. Pour parvenir à cela, il faudrait entamer diverses actions : faire de l’art une matière obligatoire au niveau primaire, élaborer le curriculum au niveau secondaire dans le pays même ou dans la région, axer l’investissement de l`Etat dans les musées, créer des échanges entre enseignants et étudiants dans la région, soutenir les organisations non gouvernementales, les associations d’artistes et bien d’autres initiatives.