Devant l’énervement et l’irritation des étudiants qui ont réussi aux examens en médecine sous le contrôle de l’UTM et qui n’ont pas encore obtenu leur inscription à l’ordre des médecins, l’arbitrage du ministère de la Santé a été sollicité par l’une des parties. En effet, le directeur général suppléant de l’UTM, l’Associate Professor Chittoo, a écrit officiellement au ministère de la Santé pour un rappel à l’ordre du Medical Council, quant à l’enregistrement de cet institut d’enseignement supérieur sur la liste des Recognised Institutions.
Du côté de la Santé, l’on ne compte pas intervenir dans ce litige vu que la Tertiary Education Commission a accordé une full accreditation au D. Y. Patil Medical College pour cinq ans à la fin de l’année dernière sur la base d’un rapport soumis par l’International Monitoring Committee avec le président du Medical Council, le Dr Baboo Servansingh, en tant qu’un des membres.
D’entrée de jeu, dans la lettre de protestation contre la décision d’interdiction du Medical Council, la direction de l’University of Technology, Mauritius (UTM) confirme le sentiment de malaise et d’inquiétude parmi les étudiants en médecine qui ont terminé le programme d’études de spécialisation. « We are having numerous complaints from specialist doctors who have passed out from the University of Technology, Mauritius through its affiliated Padmashree DR D. Y. Patil Medical College and who have been duly awarded their post-graduate degrees. Because of the delay in their registration as specialist with the Medical Council, much embarrassment is being caused to the University, the college and as well as to the students », écrit l’Associate Professor Chittoo.
Pour étayer ses dires et pour acculer le Medical Council, l’UTM s’appuie sur un avis légal du State Law Office en date du 27 août dernier. Cette correspondance précise qu’aux termes des dispositions de l’University of Technology, Mauritius Act, la mise sur pied d’une School of Health Sciences est conforme. « As regards the issue of UTM being the awarding body for various medical and paramedical programmes run by Padmashree DR D. Y. Patil Medical College and other affiliated medical colleges, in the case of each programme, provided the courses are accredited by the TEC pursuant to section 12 A of the Tertiary Education Act, the UTM may, as provided by section 4 (2) of the Act, grant degrees, diplomas and awards », ajoute le SLO.
Sur la base de ces éclaircissements du conseil légal du gouvernement, mention est faite que « the UTM meets all the requirements for it to be prescribed as a medical institution offering medical courses under the Medical Council Act, UTM Act and Interpretation and General Clauses Act, 1974 ». L’UTM maintient que la récente décision du Medical Council est Ultra Vires.
Le directeur général suppléant de l’UTM regrette que « the Padmashree Dr D. Y. Patil Medical College and the UTM have also been subject to various pressures from students and parents and this continued state of confusion and delay in listing the UTM by the Medical Council is causing much prejudice in terms of decrease of present and potential revenue and adversely affecting its reputation. The Padmashree Dr D. Y. Patil Medical College is already listed in FAIMER/IMED just like Anna Medical College and Research Centre ».
Dans cette perspective, l’UTM réclame l’intervention urgente du ministère de la Santé en vue de désamorcer cette situation explosive et portant préjudice au projet de knowledge hub. La direction de l’UTM a exprimé le souhait qu’une réunion soit convoquée au ministère pour revoir et rétablir la situation.
Mais du côté du ministère de la Santé, l’on n’est nullement en faveur d’une intervention dans cette affaire, qui relève davantage du domaine de l’enseignement supérieur. « Les institutions compétentes dans le domaine de l’enseignement supérieur doivent régler le problème et trouver les solutions nécessaires à leur niveau. Depuis l’éclatement de cette affaire, le ministère a institué une enquête départementale et a collaboré pleinement avec le Fact Finding Committee institué par le conseil des ministres. Cette instance a déjà soumis son rapport et ses recommandations à qui de droit », fait-on comprendre, ce matin, dans les milieux autorisés à la Santé.
« The last minute interdiction of the Medical Council » contre l’UTM est décriée dans les milieux de la Santé d’autant plus que le président du Medical Council avait siégé sur la dernière édition de l’International Monitoring Committee for post-graduate programmes at DYP Worldwide Ltd du 6 au 8 novembre 2013. Sur la base de ce rapport, le conseil d’administration de la TEC, lors de sa réunion du 18 décembre, avait entériné la décision d’accorder la full accreditation pour une période de quatre ans, du 1er août 2012 au 31 juillet 2016 pour une série de programmes d’études post-universitaires au DY Patil Medical College. Cette autorisation porte la référence TEC/16/1/136-84.
Répondant à ces critiques sur cette décision de dernière minute, un porte-parole du Medical Council s’appesantit sur le fait qu’à plusieurs reprises dans le passé, l’attention du D. Y. Patil Medical College et de l’Anna Medical College a été attirée sur le fait que « as per established practice, the Medical Council considers recommending recognition/listing of a medical institution only after receipt of an application in person from a graduate who has been awarded a qualification in medicine from the said institution ».
Affaire à suivre…