Le pont de Souillac a été rouvert hier à 14 heures. Le soulagement était général du côté des habitants de la région, qui s’estiment « libérés d’un poids » énorme. Depuis mardi, ces derniers étaient en effet contraints d’emprunter la route de Mont-Blanc pour se rendre à Curepipe ou Port-Louis, voire de faire escale à Surinam pour continuer à pied jusqu’au pont afin d’emprunter un autre bus.
Mais les esprits se sont calmés depuis mardi dernier. Et la colère a depuis fait place à l’apaisement. Les habitants de la Veerasamy Road, à Surinam – qui estimaient être les « laissés-pour-compte du gouvernement » –, ont changé d’avis depuis la réouverture du pont à la circulation. « Je remercie le gouvernement d’avoir trouvé une solution aussi rapide en attendant que le pont soit complètement terminé », lance Kamal Bondy, un ex-conseiller du village.
Du coup, ils étaient nombreux hier à admirer le pont. Debouts, regardant la circulation, certains affichaient même un large sourire. À l’instar de M. Bondy, qui – les yeux rivés sur le pont – demandait : « Ou trouve combien transport pe passe par la ? ». Il faut dire que ces trois derniers jours ont été un vrai calvaire pour les habitants du Sud. « Ils devaient marcher 200 mètres pour rejoindre l’autre côté du pont », explique ainsi M. Bondy, avant d’ajouter aussitôt : « Heureusement, les
villageois ont collaboré et ont réalisé qu’il s’agissait d’une catastrophe naturelle imprévisible. »
Petit bémol, mais non des moindres : le pont n’est pas pourvu d’une voie d’accès pour piétons. Ce qui pose un
véritable problème. « On souhaite un passage au plus vite », réclame l’ex-conseiller de Surinam. Autre
point négatif : une plaque de métal sur laquelle passent les voitures, qui s’avère un peu « glissante », représentant un danger réel.