Le groupe mauricien GML a ravi la troisième place du classement 2012-2013 des Top 500 entreprises de l’océan Indien au groupe Caillé de la Réunion pour talonner deux multinationales de l’île Soeur : Vindémia et Groupe Bernard Hayot. Ce classement est établi par la revue l’Éco Austral et est basé, dans la plupart des cas, sur le chiffre d’affaires (en euros) enregistré pour l’exercice financier 2011. Dans un classement séparé des institutions bancaires, l’Éco Austral place la Mauritius Commercial Bank en deuxième position (en termes de produits nets bancaires) derrière le Crédit Agricole de la Réunion.
Affichant un chiffre d’affaires de 657,2 millions d’euros pour l’année financière se terminant au 30 juin 2011, GML a largement devancé le Groupe Caillé (511 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice 2011) mais est devancé par deux multinationales de la Réunion, Vindémia et Groupe Bernard Hayot, dont les actionnaires, précise Alain Foulon, directeur de la rédaction de l’Éco Austral, se situent en dehors de l’océan Indien. Vindémia et Groupe Bernard Hayot ont réalisé un chiffre d’affaires de 890 millions d’euros (en 2011) et 760 millions d’euros (en 2010) respectivement. « GML s’est montré très actif à l’extérieur de Maurice ces dernières années, dans des secteurs très variés, de l’industrie à l’hôtellerie en passant par la finance, s’implantant à la Réunion, à Madagascar, en Afrique du Sud, au Sri Lanka, en Inde et au Bangladesh… Une stratégie qui lui a permis de doper sa croissance en échappant à la crise qui sévit dans la zone euro dont dépend encore l’économie mauricienne », écrit Alain Foulon.
L’Éco Austral relève que la plupart des sociétés figurant dans le Top 500 sont, en termes de chiffres d’affaires, des petites ou moyennes entreprises. On dénombre 236 entreprises à Maurice qui affichent un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros ou plus alors qu’à la Réunion elles sont au nombre de 175 contre 38 à Mayotte et 16 à Madagascar. Dans le cas de la Grande île, toutefois, il est précisé que le chiffre pourrait ne pas refléter la réalité économique du pays.
« À la Réunion et à Madagascar, on manque de grosses PME à capitaux locaux capables de tenir une place face aux multinationales et de ne pas se contenter des seconds rôles. C’est un avantage pour Maurice d’avoir su rester en possession de son économie avec, dans la plupart des secteurs, des entreprises à capitaux mauriciens qui dominent », soutient Alain Foulon.
Dans l’édition spéciale 2012-2013 de l’Éco Austral, la compagnie d’aviation nationale, Air Mauritius, se retrouve en cinquième position avec un chiffre d’affaires de 453,2 millions d’euros pour l’exercice financier se terminant en mars 2012 et des pertes de 29,4 millions d’euros. Le groupe IBL se place au sixième rang alors que le groupe Socota pointe à la dixième place. Cinq autres entreprises opérant dans différents secteurs de l’économie mauricienne se retrouvent parmi les 20 premières du classement. Ce sont Vivo Energy (onzième), CIEL Group (treizième), Food and Allied Group (seizième), Rogers (dix-septième) et Total Mauritius (dix-neuvième).
Par ailleurs, dans le classement des banques, c’est le Crédit Agricole de la Réunion qui est le N°1 avec un produit net bancaire de 193,2 millions d’euros pour l’année se terminant au 31 décembre 2011 contre 110,4 millions d’euros (au 30 juin 2011) pour la MCB. Mais le groupe bancaire mauricien présente un résultat net en euros trois fois supérieur à celui du groupe réunionnais : soit 110,4 millions d’euros contre 36,8 millions d’euros. Même la State Bank of Mauritius (SBM), qui est classée cinquième en termes de produit net bancaire, fait mieux que les institutions de l’île Soeur pour ce qui est du résultat net (49,2 millions d’euros).
« Il ne fait pas de doute que la très bonne rentabilité des banques mauriciennes repose pour une grande part sur leurs activités à l’international », commente l’Éco austral. La revue remarque que la MCB est l’entreprise la plus profitable de Maurice et de la région.