L’Université de Maurice accueillera un colloque international avec la participation d’une quarantaine de personnes sur le thème “Yer resistans, zordi rezilians” le 31 janvier et les 2 et 4 février prochains. Une manifestation qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 180e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Maurice. Une séance entière sera consacrée à la mise en oeuvre du rapport de la “Commission Justice et Vérité” le lundi 2 février.
Pendant quatre jours de travaux, à l’exception du mardi 3 février – qui sera férié, à l’occasion du Thaipoosam Cavadee –, les conférenciers mauriciens et étrangers évoqueront l’esclavage et le marronnage sous toutes ses formes : faits historiques ou mythes, évolution des communautés issues de l’esclavage, leur souffrance, leur lutte, leur résistance, leur résilience et leur situation présente. Vingt-trois conférenciers étrangers, issus de huit pays, selon le ministre des Arts et de la Culture Santaram Baboo, feront le déplacement.
Le colloque s’ouvrira avec les présentations de deux invités d’honneur : Jean Moumou, qui est issu d’une communauté de descendants de marrons bushinengués, et Myriam Cottias, historienne et spécialiste de l’esclavage dans l’espace caribéen et directrice de recherche au CNRS. Détenteur d’un doctorat en histoire et civilisations des Écoles de Hautes Études en sciences sociales (EHEss) et maître de conférences en histoire des mondes modernes et contemporains, de l’art et de la musique, Jean Moumou parlera de “métamorphose et discordance de la mémoire du marronnage chez les descendants de marrons bushinengués de la vallée de Maroni-Lawa et chez les Antillo-Guyanais”. Myriam Cottias, elle, abordera le sujet de “résilience, réparation et régimes mémoriels de l’esclavage : une histoire connectée”.
La première séance de travail s’articulera autour des multiples définitions de la résistance et sera présidée par le président du centre Nelson Mandela pour la culture africaine, Jimmy Harmon, avec la participation de trois conférenciers. Après le déjeuner, les travaux seront axés sur l’archéologie de l’esclavage et de la résistance. Cinq chercheurs y participeront, dont Georges Abungu, consultant de l’Unesco, qui a travaillé sur le dossier Sega tipik en marge de sa reconnaissance comme patrimoine immatériel de cette organisation. Il interviendra sur le thème “Heritage construction and the politics of Identity : revisiting slave and maroon archaeology in South and South-West Mauritius”. La troisième et dernière partie de cette journée concernera la résistance et la résilience contemporaine et l’autonomisation des communautés.
Exceptionnellement, le 1er février, les travaux démarreront dans l’après-midi, soit après la cérémonie officielle marquant le 180e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Ils auront lieu non pas à l’Université de Maurice, à Réduit, mais à l’hôtel Le Paradis. La première partie aura pour thème “post-emancipation society” et verra la participation de trois conférenciers, tandis que la deuxième sera axée sur celui de “Contemporary situation in post emancipation societies”, avec la participation de cinq chercheurs.
Le lendemain, les travaux reprendront à Réduit. La première partie traitera encore de la résistance et de la résilience. Après le déjeuner, les chercheurs se pencheront sur le rapport de la “Commission Justice et Vérité”. Cette séance prendra fin avec une partie sur la question des terres, “the way forward”. Les participants auront une journée de libre le mardi 3 février. Le mercredi 4, les présentations seront sur le marronnage.
Les communications traitant du thème à Maurice et ailleurs donneront l’occasion au public et aux chercheurs de mettre en perspective les différentes situations afin de voir les similitudes et les différences entre les pays. Le colloque prendra fin avec un rappel du précédent événement, qui a eu lieu en 2001. Jakob Christensen, de l’Unesco, donnera une conférence sur le trafic humain. Sa communication s’intitule “Human trafficking : moderne slavery that shames us all” et se fera en présence du directeur de l’Unesco pour la région Est Afrique, Mohamed Djelid.