Les prévisions de croissance de l’économie nationale pour 2015 ont été corrigées à la baisse par Statistics Mauritius qui désormais table sur un taux de 3,8 % au lieu de 4,1 % comme estimé en mars dernier. Cette révision est due en grande partie à des performances en dessous des estimations initiales dans trois secteurs : le seafood, l’industrie manufacturière dont le textile, et la construction.
Selon les données de Statistics Mauritius, le secteur de l’agriculture et de la pêche pourrait enregistrer une croissance de 3,6 % cette année comparativement à 3,9 % en 2014. La production sucrière s’élèverait à environ 410 000 tonnes, résultant une croissance de 1,9 % contre une contraction de -1,7 % l’année dernière. Dans les autres secteurs agricoles, la croissance atteindrait 4,2 % par rapport à 6,5 % en 2014. Cependant, les activités d’usinage du sucre devraient déboucher sur une croissance supérieure à 2014 (2 % contre 0,6 %). Ce serait aussi le cas pour l’industrie agroalimentaire (3 % en 2015 comparativement à 2,6 % en 2014), mais les activités du secteur textile se stabiliseraient à 1 %. Statistics Mauritius anticipe une croissance de 1,7 % dans le secteur des Export oriented enterprises, un taux supérieur au 0,8 % réalisé l’année dernière.
Dans le secteur de la construction, une reprise (+ 1,4 %) est attendue cette année, cela après quatre années consécutives de contraction. Cette croissance positive serait attribuable à des projets publics et privés en cours (extension des quais et renforcement du Mauritius Container Terminal et Bagatelle Dam) ainsi qu’à de nouveaux projets publics annoncés dans le budget 2015/2016 (station de traitement à Bagatelle, réhabilitation du réseau routier, construction de drains et remplacement des conduits d’eau).
Selon les indications obtenues par Statistics Mauritius, le secteur hôtelier et de la restauration devrait afficher une croissance d’environ 5,4 % en 2015 sur la base de 1,1 million d’arrivées touristiques et de revenus de l’ordre de Rs 48,5 milliards contre Rs 44,3 millions en 2014. Quant au secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), il pourrait enregistrer une croissance de 7 % (6,4 % en 2014), alors que celui des services financiers terminerait l’année avec un taux de 5,3 % contre 5,4 % en 2014.
L’investissement devrait repartir cette année (+ 5,2 %) après quatre années de repli, indiquent les milieux officiels. Le taux d’investissement en pourcentage du Produit intérieur brut remonterait à 19,5 %, soit 0,3 point de pourcentage de mieux que l’année dernière. Cependant, c’est le secteur public qui serait à la base de la relance des investissements. Une croissance de 20,5 % est annoncée concernant les investissements publics par rapport à seulement 1,8 % en 2014. En revanche, les investissements privés chuteraient de 0,1 % cette année après avoir enregistré un taux négatif de -8, 4 % en 2014. Ainsi, la part des investissements privés dans les investissements totaux passerait de 74,4 % à 70,7 % alors que celle des investissements publics grimperait à 29,3 % par rapport à 25,6 % l’année dernière.
L’investissement dans les bâtiments et autres travaux publics progresserait de 2,3 % cette année. Une croissance de 5,7 % est anticipée au niveau des investissements dans la construction de bâtiments résidentiels (incluant les projets IRS-RES) ainsi que de 9 % concernant les chantiers publics. Les investissements dans les machines et équipements pourraient croître de 10,2 % grâce à des projets de production d’énergie électrique, d’acquisition de bateaux par le National Coast Guard et la Mauritius Shipping Corporation ainsi que d’autobus par la Corporation Nationale de Transport.
Par ailleurs, Statistics Mauritius fait état d’une progression (de 11,5 % à 12,2 %) du taux de l’épargne domestique en pourcentage du PIB aux prix du marché. Les dépenses de consommation des ménages et du gouvernement vont, elles, augmenter à un taux réel de 3,2 %, soit à un niveau plus élevé que celui de 2014 (2,9 %).