Alors que des professionnels de l’éducation relancent les débats sur la pertinence de continuer ou non avec le programme d’études SC/HSC dans un monde remplis de nouveaux défis, des jeunes Mauriciens âgés de 16 ans sont invités ces jours-ci à faire acte de candidature pour des bourses d’études offertes par United World Colleges (UWC). Cette organisation internationale a 15 écoles à travers le monde et elles préparent en deux ans au Baccalauréat International. La spécificité d’une école UWC, qui en fait une expérience scolaire unique et enrichissante, selon Yamal Matabudul, qui en a été boursier dans les années 90, est la diversité de sa population estudiantine. Pas moins de 70 nationalités différentes se côtoient sur le campus. Pour la prochaine rentrée scolaire, les jeunes Mauriciens ont jusqu’au 10 mars pour envoyer leur candidature.
Le mouvement UWC, fondé après la Seconde guerre mondiale, a pour objectif, comme l’indique clairement son nom, de promouvoir l’unité, la paix et l’harmonie entre les pays d’une manière durable. Les pères fondateurs ont ciblé les jeunes par le biais de l’école pour être des agents de transformation du monde dans cette direction. Depuis la première école ouverte au Pays de Galles en 1962, 15 établissements UWC ont été ouverts à ce jour sur presque tous les continents. Ces écoles sont dans les pays suivants : Canada, Hong Kong, Inde, Italie, Norvège, Singapour, Swaziland, États-Unis, Royaume Uni, Allemagne, Arménie, Costa Rica, Bosnie-Herzégovine, Chine et Nouvelle-Zélande.
Yamal Matabudul a fait le choix de l’UWC en 1997 alors qu’il était en Lower VI au John Kennedy College. Après ses deux années de IB au sein de l’UWC en Inde, il a eu un excellent parcours universitaire et une belle carrière professionnelle, comme en témoigne son CV. Rentré au pays depuis quelques années, il occupe le poste de Director of Academy & Research à Vatel Mauritius. « L’UWC de l’Inde venait d’ouvrir ses portes et j’étais parmi ses premiers élèves. Je voulais quelque chose qui tranchait avec le système éducatif centré sur les examens et qui s’ouvrait sur le monde. Et dans ce nouvel univers scolaire il n’y avait rien qui ressemblait à l’école mauricienne. Tout était totalement différent mais je m’y étais préparé psychologiquement », se souvient Yamal Matabudul. Chaque école UWC compte environ 200 élèves, dont seulement 20 % du pays où se trouve l’établissement. « Les autres sont de nationalités différentes pour permettre justement ce brassage de cultures sur le campus et aussi après les heures de classe puisque les UWC sont des boarding schools. Pendant ces deux années, j’ai eu une expérience scolaire unique et que je qualifierais de “transformation experience”. Outre la partie académique, le programme d’études propose une multitude d’activités et d’événements dans tous les registres qui forgent la personnalité de l’élève », témoigne cet ancien de l’UWC au Mauricien. Il ajoute que les élèves bénéficient d’un accompagnement personnel des profs s’ils rencontrent des difficultés académiques.
Les liens de Yamal Matabudul avec l’UWC se sont raffermis au fil des années malgré ses obligations professionnelles et il est le vice-président du National Committee pour la sélection des candidats mauriciens pour l’octroi des prochaines bourses. À ce jour, environ 70 Mauriciens sont passés par les écoles et ont bénéficié totalement ou en partie des bourses de l’UWC. Pour la prochaine rentrée scolaire, en septembre, le vice-président du comité de sélection demande aux jeunes intéressés de ne pas hésiter à faire acte de candidature en prenant contact personnellement avec lui sur l’adresse yamal.m@gmail.com. « Certes il est important d’avoir un niveau académique pour pouvoir assimiler le programme d’études de l’IB, mais l’UWC ne privilégie en aucune manière les détenteurs de six, sept ou huit unités au SC. Nous recherchons un all-rounder, un jeune qui est passionné par certains domaines et qui a un idéal. Au cours de l’entretien des candidats nous arrivons à cerner le profil de celui qui pourrait intégrer le programme de l’UWC », dit M. Matabudul. Il rappelle que l’objectif de l’UWC est de faire étudier et vivre ensemble des jeunes méritants de toutes nationalités, sélectionnés sur mérite et motivation, indépendamment de leur origine, de leur religion ou de leurs ressources financière. Le but : renforcer les relations entre les peuples et la paix dans le monde.