Traversée de réminiscences (il a commencé à peindre au Zimbabwe, son pays natal), inspirée par l’Afrique, l’oeuvre de Simon Back se présente comme une convergence de genres. Elle accouple abstraction, lignes, taches… Simon Back avait déjà exposé à la galerie Imaaya à Pointe-aux-Canonniers en 2009. Il expose actuellement une série de peintures sous le thème « Vessel » : un vaisseau ou espace sensoriel et expérimental. Une béance cosmique. Le dispositif : des pièces peintes en blanc, des motifs en relief, de la matière, du collage, du bois contre-plaqué, des panneaux de plexiglas créant un champ de vision homogène proche de l’aurore ou du crépuscule. Simon Back nous confronte à des images sans référence figurative et à de vastes espaces dénués de tout discours. Il explore les frontières entre le réel et le virtuel et nous invite à une expérience sensorielle. Artiste sans frontières, humaniste, proche de l’Afrique où il a vécu, Simon interroge, avec ses peintures (enracinées dans la matière et dans l’espace), les images, notre mémoire mythique, juxtapose des éléments leur donnant l’opportunité d’un dialogue profond et une dynamique commune. La peinture ici traverse les genres. Le vocabulaire de Simon se déploie sur plusieurs niveaux : au-delà des formes, il faut voir les éléments qui l’entourent. Flottant à même l’espace, ses peintures sont une invitation à descendre dans l’architecture complexe des images, pénétrer dans un espace de visualisation, faisant perdre le sens de l’orientation (spatio-temporel). Celui qui prend la porte d’entrée et de sortie de l’exposition, prendra aussi le temps de voir l’abstraction apparente qui se mêle aux forces jaillissantes des taches de couleurs, des lignes, des formes ovales ou irrégulières, aux mouvements désordonnés des motifs et des dessins. Simon Back aime les antinomies : les signes abstraits, la force des couleurs, le mouvement. Il nous dévoile la dialectique même qui fait d’une oeuvre plus qu’une simple représentation : un rapport magique avec l’immensité du monde, le rapport avec l’homme et le cosmos, les surfaces recouvertes d’éléments superposés. Les règles qui organisent ses compositions sont libres, mais rigoureuses. Voici une peinture prétexte à rêver que le spectateur complice doit saisir pour s’embarquer dans une aventure métaphysique.