L’artiste photographe et leader du groupe Azir Moris, Jameel Peerally, a consigné le 16 août une déposition au Central CID, en étant accompagné de son avocat, Me Assad Peeroo. Motif : « Un Facebooker, nommément Krishna Jadunundun, a menacé de me tuer. C’est ce qu’il a écrit sur Facebook il y a deux semaines. » Sollicité pour sa version des faits, K. Jadunundun a déclaré : « Je ne connais pas Jameel Peerally. Je crois qu’il se sert de mon nom pour se faire de la publicité ! »
« Kan pe fizil Jah-1000 la ? » Ainsi se décline, selon Jameel Peerally, « la menace que Krishna Jadunundun a fait à mon encontre ». Il poursuit : « L’incident remonte à environ deux semaines. Je venais de poster notre position s’agissant du mouvement ‘Boycott Mauritius’ et un groupe s’est constitué pour nous contrer. Dans le sillage des conversations, le nommé Krishna Jadunundun a posté cette question : ‘Kan pe fizil Jah-1000 la ?’ » Un autre Facebooker devait répliquer : « Enn gaspiyaz balles sa. » Puis, « K. Jadunundun devait ajouter : ‘Si mo truv li lor sime, zot va truv mo nom dan lagazet’, sous-entendant la rubrique des faits divers… ».
M. Peerally explique : « Je me suis reconnu dans ce ‘Jah-1000′ car ces mêmes Facebookers ont, à d’autres reprises, posté des vidéos que j’ai réalisées et signées ainsi que mon nom. » Sollicité pour une déclaration, K. Jadunundun a pour sa part expliqué : « Je ne connais pas Jameel Peerally personnellement. Et à aucun moment je ne l’ai menacé. C’est tout à fait faux de dire cela. »
L’ancien président de la Student Union de l’Université de Technologie (UTM) ajoute cependant : « Quand Jameel Peerally avait lancé son mouvement ‘Wanted : 15 000 jeunes pour sauver Maurice’ l’an dernier via Facebook, il était venu me rencontrer. Quand je me suis rendu compte qu’il y avait des motivations politiques derrière son action, j’ai préféré ne pas adhérer. » Notre interlocuteur admet cependant avoir ses « convictions politiques » et ses « activités en ce sens ».
Revenant sur une éventuelle polémique avec J. Peerally, K. Jadunundun dit penser que « Jameel Peerally est un ‘attention seeker’ ». Il poursuit : « Dans ce cas précis, il se sert de mon nom pour attirer l’attention des médias et des gens sur lui. Je pense qu’il a un ‘hidden agenda’. » Et de répéter : « Personnellement, je n’ai aucun problème avec M. Peerally. »
En attendant, Jameel Peerally a consigné une déposition jeudi « sur les conseils de mon homme de loi, Me Assad Peeroo » au CCID. « La menace de M. Jadunundun est sérieuse, affirme A. Peeroo. Il s’agit d’une atteinte à la sécurité de la personne, donc de mon client. M. Peerally a demandé dans sa déposition une protection policière contre cette personne à la lumière de la menace postée sur Facebook, car il craint pour sa personne et la sécurité de sa femme et de ses enfants. »
M. Peerally a déclaré hier avoir « reçu la visite d’un officier de police, nommément un ACP, qui, dans le sillage de ma déposition, m’a demandé si j’avais l’adresse de M. Jadunundun », poursuivant : « Je n’ai pas pu l’aider, car je n’ai pas cette information. » M. Peerally reprend : « Des membres d’un parti politique très connu, et avec lequel M. Jadunundun a des affinités, m’ont contacté et m’ont demandé d’adhérer à leur parti. Ce que j’ai refusé, car à aucun moment je ne veux que ni moi, ni Azir Moris ne soient assimilés à une quelconque couleur politique ! »
Pour l’heure, selon Me Peeroo, « tout est entre les mains de la police ». Pour l’homme de loi, « c’est eux qui décideront de la suite de l’affaire, s’il y aura sanction ou pas ».