Le rapport du Service Social International (SSI) sur les enfants placés en institution à Maurice recommande d’utiliser les familles d’accueil comme alternative aux shelters. La Child Development Unit (CDU), qui dit accueillir favorablement cette proposition, relève toutefois plusieurs obstacles, dont le manque de ressources et le choix des parents. Une vingtaine de couples sont toutefois sur la liste d’attente.
Renforcer et professionnaliser le programme de familles d’accueil et promouvoir l’adoption. Ce sont deux des recommandations de la fondation suisse SSI qui a animé des sessions de travail et enquêté sur les enfants placés en institution à Maurice. Invité à réagir à ces propositions, le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfant et du Bien-être de la famille, à travers la CDU, dit accueillir favorablement ces propositions. Toutefois, précise-t-on, « La recommandation est très pertinente, mais il faudra évaluer les implications humaines et financières d’un tel projet ».
Actuellement, il y a 575 enfants placés dans différents centres résidentiels à travers l’île. Le rapport note que les conditions n’y sont pas toujours appropriées. Beaucoup de ces enfants vivent avec un handicap. On se souvient également que des cas d’abus et de maltraitance ont été enregistrés dans le passé. Le ministère a même mis en place un Fact Finding Committee sur les Residential Care Institutions, mais le rapport est toujours attendu à ce jour.
Toujours est-il que dans la réalité mauricienne, le service de famille d’accueil est loin d’être aussi simple, selon les indications fournies par la CDU. « Les parents ont des choix précis. Par exemple, ils préfèrent les bébés, si possible dès un mois. La plupart ne souhaitent pas accueillir un enfant avec handicap. Et dans certains cas, ils sont réticents à ce que l’enfant garde contact avec sa famille biologique ».
Il y a actuellement 44 familles d’accueil sous le programme du ministère. Il y a également une liste de 21 familles en attente. « Ces personnes se sont déjà enregistrées et attendent un enfant ».
Le SSI fait lui ressortir qu’il important pour Maurice de mener une campagne de sensibilisation, afin d’encourager les familles à accueillir des enfants avec handicaps ou ayant des difficultés de comportement. La formation des personnes concernées devrait aussi être une priorité. La fondation se dit même prête à apporter son soutien pour cela. SSI recommande également l’inclusion des « foster carers as key stakeholders in the child protection framework ».
Rappelons qu’après la formation assurée par SSI récemment, une équipe locale a été mise en place pour continuer le travail commencé. Cette équipe est composée principalement d’effectifs des ministères de l’Égalité des Genres et de la Sécurité sociale. Elle assurera la formation du personnel des institutions concernées, dans le but d’offrir une meilleure prise en charge des enfants placés.