Après la fermeture de l’usine où ils travaillaient, vendredi, 140 ouvriers étrangers, principalement du Tamil Nadu, se retrouvent dans une situation de détresse. Ils risquent à tout moment d’être expulsés du dortoir avec une location due pour les neuf derniers mois et ils n’ont à manger que pour quatre jours. Ces ouvriers se sont rendus au ministère du Travail ce matin, en compagnie du syndicaliste Fayzal Ally Beegun pour chercher de l’aide.
Depuis vendredi dernier, l’usine Avant Mauritius, sise à La Source, Quatre-Bornes, a cessé ses opérations. Mais les tourments des travailleurs, Mauriciens et étrangers, remontent à plusieurs mois. Il nous revient qu’ils n’ont pas obtenu de salaire ces deux derniers mois. Les étrangers, eux, n’ont pas reçu de boni de fin d’année non plus. Ce matin, en se rendant au ministère du Travail, ils ont appris une autre mauvaise nouvelle : l’argent déduit pour le NPF n’a jamais été versé à la Sécurité sociale. Certains contribuent depuis douze à quinze ans.
Selon le syndicaliste Fayzal Ally Beegun, l’État devrait, dans un élan de solidarité, venir en aide à ces étrangers. « Le loyer étant dû depuis neuf mois, le propriétaire du bâtiment peut les mettre à la porte à tout moment. L’électricité n’a pas été payée non plus et risque d’être interrompue à tout moment. Qui plus est, ils ne savent pas comment faire pour se nourrir quand ils auront épuisé le peu de nourriture qui leur reste. »
Fayzal Ally Beegun dit avoir suggéré au ministère de les redéployer vers d’autres usines afin qu’ils puissent trouver de quoi vivre en attendant que le problème soit réglé. « Des 140, 64 souhaitent toucher leur argent et rentrer chez eux. Les autres sont disposés à travailler, à condition qu’on leur paye leur dû. Certains ont même vu leur permis de travail expiré. Le patron n’a jamais fait le nécessaire pour le renouveler. Ils craignent maintenant d’être déportés. »
Les officiers du ministère ayant reçu la plainte ce matin ont laissé entendre qu’ils feront de leur mieux pour gérer ce cas. Les travailleurs mauriciens, eux, ont été placés entre-temps sur le Workfare Programme.
Fayzal Ally Beegun invite également les autorités à s’intéresser à ce qui se passe à l’usine actuellement. « Toutes les machines ont disparu. Il paraît que c’est une personne travaillant dans l’administration qui est venue prendre les machines. Qu’en est-il également du patron, un ressortissant indien, qui a quitté le pays en catimini il y a deux semaines ? »