Un parrain qui réinvente le cinéma indien, un forum professionnel, plus de formations, des débats et une exposition… Île Courts semble reprendre véritablement un nouveau souffle avec cette 7e édition. La programmation régionale est renforcée, les lieux de diffusion comptent désormais parmi eux la capitale, qui devient aussi le point de ralliement de festivaliers. Il n’y a plus qu’à télécharger le programme sur son téléphone pour faire son choix entre les différentes séances de projection.
La soirée d’ouverture du festival Île Courts, prévue le 7 octobre au Star Bagatelle, affiche déjà complet, mais il est toujours possible de s’inscrire sur une liste d’attente en misant sur les désistements de certains invités. Ceux qui n’auront pas obtenu de place pourront se consoler en visionnant les quatre productions mauriciennes 2014 sur DVD (dès lors en vente à Rs 300) ou se rattraper en se rendant aux projections programmées en soirée dans différents points du pays, qui comptent tout au moins une des productions mauriciennes. Les projections vont ainsi animer le Champ-de-Mars, le jardin de l’église de Chemin-Grenier, la plage de Tamarin et l’amphithéâtre de Pointe-Canon, à Mahébourg. Des projections spéciales jeunesse ont quant à elles toujours lieu à Rose-Hill, à l’IFM.
Pour la première fois, un secrétariat du festival se met en place à Port-Louis, au Café du Vieux Conseil, qui deviendra le point de ralliement des cinéphiles. Plusieurs lieux de la capitale vont aussi accueillir des activités connexes aux projections : la fondation Malcolm de Chazal et l’Atelier d’écriture (ou Atelier) pour les formations et Masterclass, le Musée de la photo de Tristan Bréville exposera une ciné-installation qui diffuse les films anciens qui ont animé les salles mauriciennes à travers le temps.
Une des caractéristiques de cette 7e édition consiste donc à développer de nouvelles activités, avec notamment les happy-hours musicales, animées par des Soundtracks auxquels ont contribué des musiciens tels que Menwar, Yoann Catherine ou les membres d’Etae, et surtout un Forum film bazar, le volet professionnel de l’événement, qui proposera notamment des tables rondes autour de questions liées à la création cinématographique dans la région. Ces sessions sont ouvertes aussi aux cinéphiles et aux amateurs intéressés.
Cette édition consacre trois programmes spécialisés dans les films de l’océan Indien, avec le 7 octobre les productions mauriciennes récentes : Un arbre, une rencontre de Sébastien Sauvage, Étrangers chez eux de Bhimsen Conhyedoss, La leçon d’anglais de Sophie Robert et L’ombre de Ratsitatane de Patrice Canabady. Mis à part la fiction de Sophie Robert, les trois autres titres sont des documentaires inédits, réalisés dans le cadre du programme “Notre histoire n’a pas d’images”. Les réalisateurs seront bien sûr présents à la soirée inaugurale.
Deux soirées “Regards de l’océan Indien” font la part belle aux réalisations venues de la Grande Île, avec quatre films : The Bee, Le petit bonhomme de riz, Selamanana et Madama Esther. La présence mauricienne est marquée par Jon Rabaud, Jameel Peerally, Wassim Sookia, Christine Eme et ceux cités plus haut. Mohamed Saïd Ouma, le directeur du FIFAI à La Réunion, vient aussi avec sa casquette de réalisateur pour présenter Magid le magicien, un film de 23 minutes réalisé dans son pays natal, aux Comores. À relever aussi la présentation d’un documentaire kényan, Yellow fever de Ng’endo Mukii, ainsi que la rediffusion du film du regretté Radha Jaganathen, Pour être un bon jockey, lors de la première séance au Champ-de-Mars (la deuxième se tient à Chemin-Grenier).
Clôture à Mahébourg
Outre les traditionnels programmes “culottes courtes” et “courts toujours”, prévus à l’IFM tous les jours à 9h pour les 6 à 9 ans et à 10h30 pour les 10 à 14 ans, les habitués retrouveront le principe d’une sélection issue du dernier Festival international de Clermont-Ferrand, qui sera commenté cette année sur la plage de Tamarin, par le programmateur Vincent Kaluza. Ce dernier anime aussi une session d’éducation au cinéma et à la programmation, en journée, avec les enfants du lycée des Mascareignes et de l’Ong Safire.
Exceptionnellement, un vrai long-métrage va être présenté à l’Atelier le jeudi 9 octobre avec, pour accroche, ce constat de l’auteur : « Les Chinois fabriquent des objets, les Malgaches les réparent… » Réalisé par Lova Nantenaina, ce documentaire de 80 minutes traite de la question de la pauvreté avec un certain humour montrant, entre autres, l’ingénuité des activités de recyclages malgaches. Autre soirée exceptionnelle : le cinéma de Bagatelle invite les festivaliers dans l’univers sensationnel de la 3D, le samedi 11 octobre, à 16 h, avec huit petits films « tout en reliefs » réalisés en France, en Belgique, au Luxembourg et au Canada.
Mahébourg, enfin, clôturera l’événement en beauté samedi soir avec neuf coups de coeur qui nous feront voyager autant dans les styles et genres que dans les pays de tournage. Dessins animés, fictions ou documentaire, cette soirée nous entraînera de Maurice en Inde avec Raju de Shiva Bajpai, aussi bien qu’au Canada, puis au Kenya, au Sénégal, en Afrique-du-Sud et à Madagascar, avant de repartir très loin pour le Brésil à travers le film de Fauston da Silva, Mon ami Nietzsche.