La Banque mondiale a accepté d’entreprendre une étude sur l’impact du salaire minimum sur le marché du travail à Maurice. Cette question a été évoquée hier lors de sa session de travail qu’a eue le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo avec une délégation de la Banque mondiale dirigée par Mark Lundell, Country Director de la BM pour Maurice.
L’introduction du salaire minimum à Maurice est réclamée avec insistance par les syndicats mauriciens. Le principe aurait été accepté par le gouvernement et le ministre du Travail, Sudesh Callichurn, a annoncé depuis l’année dernière qu’une législation à cet effet serait en préparation. La Banque mondiale sera surtout appelée à se pencher sur son impact sur les petites et moyennes entreprises.
Le ministre des Finances a également plaidé auprès de la Banque mondiale en faveur d’une assistance dans le domaine de la gestion des inondations. Le gouvernement veut aussi renforcer ses dispositifs afin de faire face aux calamités naturelles. Une collaboration dans le secteur de l’eau a aussi été évoquée.
L’aide de la BM a aussi été sollicitée en vue de la préparation d’une législation portant sur l’introduction d’un Public-Private Partnership afin d’incorporer le principe du Build Operate and Transfer. Cette approche devrait permettre au gouvernement de surmonter son problème de surendettement et de poursuivre la création des infrastructures nécessaires à la croissance économique.
La réunion d’hier fait suite à la récente visite d’une délégation dirigée par le ministre des Finances à Washington. La collaboration de la BM dans des dossiers considérés comme vitaux pour le développement socio-économique du pays était au centre des discussions.
Selon un communiqué du ministère des Finance, la Banque mondiale confirme son appui à la nouvelle architecture de l’économie visant à faire sortir le pays du piège d’une économie à revenus moyens supérieurs et l’orienter vers une économie à hauts revenus.
La dette publique à 50 %
Le ministre des Finances et du Développement économique s’est appesanti sur quatre objectifs macroéconomiques majeurs de la politique économique à échéance 2018. Ces objectifs ont été évoqués avec la directrice du FMI, Christine Lagarde, à Washington et s’établissent comme suit : ramener la dette publique à 50 % du PIB ; ramener le déficit fiscal à 3 % du PIB ; baisser le déficit des comptes courants à 3 % du PIB ; et réduire le taux de chômage à 4 %. L’importance de la diversification de l’économie afin de miser sur des nouveaux secteurs d’activité pour générer de nouvelles sources de revenus a été soulignée. Trois axes ont été identifiés, à savoir le Maritime Hub régional, l’économie océanique et le rapprochement économique avec l’Afrique.
La BM a accepté de mettre son expertise dans les filières de l’économie bleue à la disposition de Maurice. Dans cette optique, l’Université de Californie à San Diego apportera son savoir-faire en matière de pêche, d’aquaculture et des activités annexes pour aider à l’émergence d’un nouveau pilier qui est appelé à contribuer de manière significative à la richesse nationale et à l’emploi dans les prochaines années.
La BM a manifesté un intérêt particulier pour la stratégie Afrique. Il en est de même pour le FMI et la Banque africaine de développement (BAD). Maurice veut développer une présence économique plus affirmée sur le continent et dans la région par le biais des accords gouvernement à gouvernement et avec l’apport des institutions de développement internationales. La BM a exprimé sa volonté de s’engager de manière active pour faire avancer le projet mauricien de zone économique spéciale (ZES) à Madagascar. Une zone proche du port de Fort Dauphin dans le sud-est de la Grande Île a été identifiée pour la production alimentaire.
Maurice a sollicité la collaboration de la BM pour moderniser son cadre de business facilitation afin de placer le pays parmi les quinze premiers pays en termes de facilités pour entreprendre les affaires dans les trois prochaines années. La Banque mondiale souhaite participer également au développement des capacités humaines dans le cadre de la nouvelle stratégie de développement. La création d’un centre de formation aux métiers de la construction figure à l’agenda afin de bâtir une main-d’oeuvre qualifiée en prévision des gros développements dans le secteur du bâtiment avec la construction de Smart Cities, etc.