L’Africa Finance Corporation (AFC), institution financière panafricaine, souhaite que Maurice, en tant que pays souverain, y accède en tant que membre à part entière et que des opérateurs économiques privés locaux souscrivent au capital de la société ou fassent appel à son concours financier pour la réalisation de leurs projets de développement.
Deux hauts officiels de l’AFC, le Dr Adesegum Akin-Olugbade, Chief Operating Officer (COE) et conseiller général, et le Dr Ini Urua, Senior Vice President et chef de la division des « Heavy Industries », sont actuellement en mission à Maurice en vue de discuter avec les autorités locales d’une éventuelle adhésion du pays comme membre officiel de l’institution, et présenter aux opérateurs économiques locaux la panoplie de produits et services offerts par l’AFC pour la réalisation des projets de développement infrastructurel. Les deux dirigeants de l’AFC ont fait ce matin, au siège de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), un tour d’horizon des activités de l’institution financière panafricaine.
Lancée en 2007, l’AFC compte actuellement neuf pays membres : le Nigeria (pays hôte), le Ghana, la Guinée-Bissau, la Gambie, la Guinée-Conakry, le Cap-Vert, le Liberia, la Sierra Leone et le Tchad. Les pays ou groupes de pays qui pourraient se joindre à l’institution dans un proche avenir sont le Cameroun, le Mozambique, la Zambie, le Communauté des États d’Afrique de l’Est et la Banque de Développement des États d’Afrique de l’Ouest. Aucune contribution n’est imposée à un pays pour devenir membre de l’AFC, mais, en retour d’une adhésion, cette dernière s’attend à ce que des facilités ou privilèges soient accordés à l’institution au niveau de l’exécution de ses activités. Plusieurs institutions financières et opérateurs économiques privés ont pris une participation dans le capital de l’AFC. La rentabilité des activités de l’institution est prouvée, a indiqué le Dr Adesegu Akin-Olugbade, d’où le paiement de dividendes depuis quelques années.
Fin décembre 2014, l’AFC présentait un bilan d’USD 2,4 milliards, mais la direction s’est fixée pour objectif de doubler ce montant d’ici 2017. Avec un capital de base de l’ordre d’USD 1,2 milliard, l’AFC injecte ses propres ressources financières dans les projets qui lui sont présentés et dont la viabilité est prouvée. Elle peut également faire des interventions en partenariat avec d’autres institutions financières tout en assurant la réussite du montant financier. « We want to assure project sustainability. We will stay with you until you are firmly on the ground », a déclaré le COE à des dirigeants d’entreprise réunis au siège de la MCCI. Le Dr Adesegum Akin-Olugbade a indiqué que l’AFC, après s’être concentrée dans un premier temps sur les pays d’Afrique de l’Ouest, a élargi son champ d’opération pour gagner des parts de marchés dans un certain nombre de pays d’Afrique de l’Est. L’institution s’intéresse maintenant à l’Afrique australe, d’où son intérêt pour Maurice. « Nous ne voulons pas seulement financer des projets dans un pays particulier, mais également apporter notre soutien à des projets à caractère régional », a-t-il ajouté.
« L’AFC a été créée pour combler un vide au niveau du financement des investissements dans le développement des infrastructures en Afrique. Nous avons noté que la part de l’Afrique dans les investissements infrastructurels globaux est restée faible en dépit des progrès accomplis dans le domaine de la gouvernance et de l’amélioration des conditions macroéconomiques », a déclaré le Dr Ini Urua. Ce dernier a présenté les différents secteurs d’intervention de l’AFC (pétrole, gaz, production d’énergie électrique, transport, exploitation minière, industrie manufacturière, télécommunications et construction, entre autres). Il a expliqué que les interventions de l’AFC sont variées et que le concours de l’institution prend effet depuis la phase de développement d’un projet.
Le Dr Ini Urua a cité plusieurs projets d’envergure pour lesquels le soutien financier de l’AFC a été sollicité. Il a en outre annoncé que cette dernière travaille avec un grand nombre d’institutions financières de renom telle la Société Financière International (guichet secteur-privé de la Banque Mondiale), la HSBC, BNP Paribas, JP Morgan, ABSA, le Chinese Development Fund et l’organisme allemand (DEG) de financement de projets de développement privés. « Nous sommes prêts à considérer des projets du secteur privé mauricien », a-t-il laissé entendre.