Une augmentation sensible dans le nombre de déclarations de transactions suspectes ou « Suspicious Transaction Reports » (STR) reçues par la Financial Intelligence Unit (FIU) a été notée en 2013. C’est ce qu’on relève dans le premier bulletin d’informations trimestriel que vient de publier cette agence qui joue un rôle clé dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
La FIU a pour principales fonctions de recueillir, d’analyser et de disséminer des informations à caractère financier sur des cas suspects de blanchiment d’argent et de financement d’activités terroristes. Ces informations peuvent provenir, sous forme de STR, d’institutions financières (banques, assurances, entre autres) et d’autres opérateurs économiques ayant la responsabilité légale de les communiquer à la FIU en cas de détection d’opérations suspectes par des individus ou compagnies. Après étude approfondie de ces déclarations suspectes, la FIU rédige des rapports analytiques (intelligence reports) qu’elle soumet à d’autres instances (police, ICAC, Banque de Maurice) pour enquêtes additionnelles et d’éventuelles actions légales.
Le bulletin publié par la FIU fait état de la réception de 354 STR en 2013 contre 226 en 2012 et 214 en 2011. Pour le premier trimestre de cette année, le nombre de STR reçus s’est élevé à 31. La FIU reçoit également d’autres types d’informations autres que sous la forme d’un STR. Ces « other disclosures », qui proviennent entre autres, des FIU étrangères (celles faisant partie du groupe Egmont) ont atteint un nombre élevé l’année dernière, soit un total de 224 contre 152 en 2012 et 125 en 2011.
« The FIU is an important link in the chain of institutions set up in Mauritius to combat money laundering and the financing of terrorism and proliferation », déclare Dev Bikoo, directeur de l’agence. Cependant, observe-t-il, les activités de la FIU ne sont parfois pas bien comprises par les différentes parties concernées du fait de la nature des opérations et du besoin de préserver la confidentialité quant à l’analyse tactique qui est entreprise. À travers son bulletin trimestriel, la FIU souhaite pouvoir donner le maximum d’informations possible sur les développements, au plan local, concernant le combat contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’objectif, soutient la direction de la FIU, est d’assurer une meilleure compréhension de la situation vu que la lutte contre le blanchiment de capitaux est une « ongoing one » que ce soit aux niveaux domestique, régional ou international.
Dev Bikoo fait ressortir que Maurice a, ces douze dernières années, mis en place une structure légale et institutionnelle appropriée et qui tient en compte les normes internationales de la Financial Action Task Force aussi bien que celles établies par les Nations unies et le groupe Egmont qui regroupe 139 pays.
Notons que le premier bulletin trimestriel fait état du rôle joué par la FIU de Maurice au sein de différentes instances régionales et comme soutien à divers pays d’Afrique dans la mise en place de structures pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La FIU de Maurice a contribué à la formation du personnel de plusieurs agences africaines et certaines dont celles du Kenya, du Mozambique, de l’Éthiopie et de l’Ouganda, ont recherché le parrainage de Maurice pour leur admission au sein du groupe Egmont.