Intervenant samedi à l’Institut Français de Maurice (IFM) lors du forum organisé par la section mauricienne d’Amnesty international (AIMS) sur la situation des travailleurs étrangers à Maurice, le ministre du Travail et des Relations industrielles a sévèrement critiqué le rapport préliminaire récemment écrit sur ce sujet par Jeppe Blumensaat Rasmussen, un jeune stagiaire danois attaché à AIMS. Shakeel Mohamed a également annoncé l’entrée en vigueur de conditions plus contraignantes pour le recrutement de travailleurs étrangers. Les syndicalistes présents ont, pour leur part, unanimement condamné les conditions de vie et de travail de certains travailleurs migrants à Maurice.
« C’est dommage que M. Rasmussen ait fait son constat sans parler à aucun des officiers du ministère du Travail et des Relations industrielles. Un chercheur ne peut toucher qu’un côté du problème. Sur les quelque 570 ou plus dortoirs pour les travailleurs étrangers que compte le pays, il n’en a visité que six, soit 2,3 % », a déclaré le ministre lors de son intervention. Il déplore que certains syndicalistes aient ensuite utilisé ce rapport pour, allègue-t-il, écrire à des clients étrangers et leur demander d’annuler les commandes auprès de ces usines. « C’est dangereux car c’est l’emploi de milliers de travailleurs que l’on menace ainsi. On ne peut descendre tout un pays, alors que l’on a visité seulement 2,3 % des dortoirs », soutient-il.
Intitulé « A Road of Shame… », le rapport préliminaire du stagiaire Jeppe Blumensaat Rasmussen fait état des conditions de vie déplorables dans les dortoirs qu’il a visités. Ce rapport a ensuite été posté sur Internet et envoyé à la presse qui l’a publié.
Le ministre du Travail et des Relations industrielles a affirmé pour sa part que les portes de son ministère sont ouvertes pour toute recherche. « A sak fwa ki finn inform mo minister ki ena enn problem, nou finn intervenir ek nous finn regle-li », a-t-il insisté. « Olie al lor radio ek lagazet, ki fer bann sindikalis pa akompagn travayer mo biro pou li fer so konplint ? », a-t-il lancé. Il a en conséquent lancé un appel à la collaboration de tout un chacun.
Le ministre a aussi annoncé pour bientôt des conditions de recrutement des travailleurs étrangers plus sévères à travers des amendements au Recruitment of Workers’ Act. « Pou bizin ena enn permi ek boukou gro palto pou an koler », a-t-il prévenu.
Expliquant par ailleurs la raison pour laquelle Maurice ne ratifie pas la Convention des travailleurs migrants, Shakeel Mohamed a indiqué que d’une part cela risque d’avoir des répercussions sur les autres secteurs d’activités du pays et d’autre part que la majorité des dispositions de la convention sont inscrites dans nos diverses lois.