La répartition géographique de la fougère E. coursii la signale comme présente à Maurice dans une forêt humide de l’est où elle serait en danger critique selon les critères de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). En 2007, cette espèce a été récoltée pour la première fois à Maurice à Gaulettes Serrées, près de Camp Thorel. Elle a fait l’objet d’une observation et de vérifications par le botaniste Kersley Pynee, employée à la Mauritius Herbarium (MAU), un département du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI). Les observations faites concernant cette fougère indigène feront bientôt l’objet d’une publication au niveau international. Son statut de conservation est aussi discuté.
Elaphoglossum coursii Tardieu (Dryopteridaceae) était connue comme une fougère indigène présente uniquement à la Réunion. L’espèce a aussi été notée à Madagascar, aux Comores et en Zambie.
Dans le genre Elaphoglossum Schott ex J. Sm (Dryopteridaceae), l’on compte 600 espèces. Ces fougères sont principalement épiphytiques : elles adhèrent aux troncs et aux branches des arbres et autres végétaux dans les sous bois et forêts humides et jouent donc un rôle important dans l’écosystème forestier. Elles poussent aussi sur les roches (fougères saxicoles) mais rarement dans le sol. Dans les Mascareignes, 18 espèces d’Elaphoglossum ont été observées à la Réunion, à Maurice mais pas à Rodrigues. De ces 18 espèces de fougères indigènes, huit se trouvent à Maurice dont trois sont endémiques du pays. Parmi les huit espèces notées à Maurice, deux sont à présent considérées comme éteintes.
Elaphoglossum coursii a été initialement décrite à Madagascar par Tardieu-Blot en 1959. Mais en 2007, lors d’une expédition scientifique à Gaulettes Serrées, près de Camp Thorel, le botaniste Kersley Pynee a été attirée par cette fougère rare — une plante différente des autres fougères par ses traits morphologiques (pores, feuilles, etc). E. coursii a été localisée plus particulièrement à environ 350 mètres d’altitude dans un terrain de chasse clôturée appartenant à Flacq United Estates Limites (FUEL) Sugar Estate (for deer and wild pig ranching). La première collecte des espèces était destinée à comprendre la distribution de l’espèce. D’autres recherches menées en 2010 et en 2011 n’ont pas établi sa distribution dans un autre environnement forestier. Il est à signaler que les plantes collectées sont conservées à l’herbier de Maurice et que quelques unes ont été envoyées au Musée d’Histoire Naturelle de Paris pour vérification d’une nouvelle collection.
A ne pas confondre Elaphoglossum coursii avec l’espèce belvista spicata (L;f.) Mirbel  (Polypodiaceae) dont les feuilles sont plus rugueuses avec de simples veines. La nouvelle espèce observée est distincte (le port des branches, la partie fertile) des autres fougères qui poussent à Maurice. E. coursii est extrêmement sensible au manque d’humidité. Elle vit en symbiose avec une végétation basse et adhère aux arbres de taille moyenne tels le manglier vert (Sideroxylon cinereum), le manglier rouge (Sideroxylon puberulum), le bois manahe (Securinega durissima), le bois canne (Warneckea trinervis), etc. On trouve aussi dans ces régions humides des plantes invasives comme le Ravenale (Ravenala madagascariensis), l’Arbre de Noël (Ardisia crenata), la goyave de Chine (Psidium cattleianum).
A Maurice, E. coursii n’est présente que dans une seule localité. Elle est sérieusement menacée par divers facteurs dont l’épandage d’herbicide, l’érosion du sol ou le nettoyage du terrain pour la chasse. Pour toutes raisons, la fougère indigène nécessite une propagation et une conservation ex-situ soit par Les services des Forêts ou le National Parks Conservation Services.