Mamadou Sakho, touché à la cuisse, Raphaël Varane, victime d’une gastro-entérite: la charnière centrale de l’équipe de France bat de l’aile à deux jours du dernier match du premier tour du Mondial-2014 contre l’Equateur, mercredi au Maracana de Rio de Janeiro.
Est-ce la première contrariété dans le monde idyllique des Bleus au Brésil? Didier Deschamps aurait en tout cas sûrement souhaité aborder dans d’autres conditions un dernier rendez-vous du groupe E à double enjeu: la qualification pour les huitièmes de finale et la tête de la poule qui permettrait d’éviter de croiser l’Argentine de Lionel Messi.
La première alerte est survenue vendredi à la 66e minute face à la Suisse (5-2) quand Sakho a dû céder sa place à Laurent Koscielny. Le diagnostic n’a pas tardé au coup de sifflet final: une élongation à la cuisse. Après 24 heures passées aux soins, l’ancien Parisien a repris la course dimanche avec un préparateur physique et son état ne semble pas réellement préoccupant. Mais le sélectionneur a déjà ouvert les portes à un forfait en avouant dès samedi qu’il serait « peut-être juste » pour être aligné, quatre jours seulement après avoir connu une alerte physique.
Pour Varane, les données sont plus complexes mais tout aussi problématiques. Le défenseur du Real Madrid souffre d’une gastro-entérite depuis dimanche et n’a pas participé à la séance de l’après-midi. L’encadrement de l’équipe de France a annoncé qu’il devrait être présent au stade Santa Cruz de Ribeirao Preto pour l’entraînement à huis clos de lundi après-midi.
Vers une charnière Koscielny-Mangala?
Mais selon des médias brésiliens, la situation a été jugée suffisamment grave dimanche pour nécessiter une visite à l’hôpital de la ville avant que les examens finissent par rassurer le staff médical. Dans quelles conditions sera le Madrilène mercredi? La question se pose. Même s’il est rétabli, Deschamps prendra-t-il le risque de l’incorporer dans son onze de départ?
Comme avec Sakho, le sélectionneur pourrait vouloir prendre un maximum de précautions avec un joueur qui, à 21 ans, s’est imposé comme un titulaire indiscutable en défense et ne cesse d’impressionner par son calme, sa sérénité et sa technique au-dessus du lot. Si les Bleus veulent aller loin dans le tournoi, comme leurs premiers résultats les y autorisent, ils auront besoin d’un Varane au sommet de sa forme.
En cas de défection de Sakho et Varane, Deschamps sera dans l’obligation de mettre en place un duo Koscielny-Eliaquim Mangala. Les deux joueurs se connaissent un peu pour avoir disputé 135 minutes côte à côte en bleu, l’intégralité du match en Uruguay (défaite 1-0 en amical, le 5 juin 2013) et une mi-temps face au Paraguay à Nice (1-1 en amical, le 1er juin).
Affronter l’Equateur sera une belle occasion pour le Gunner (28 ans, 18 sélections), l’une des victimes du naufrage des Bleus au barrage aller en Ukraine (2-0, le 15 novembre) où il avait, comme trop souvent, perdu le contrôle du match en concédant un penalty avant de se faire exclure pour avoir donné une gifle à Kucher.
Pour Mangala, qui avait été mystifié par Luis Suarez à Montevideo, ce serait aussi un beau cadeau de fouler la pelouse du mythique Maracana, le défenseur de Porto, N.4 dans la hiérarchie des défenseurs centraux, étant voué à rester dans l’ombre durant cette Coupe du monde.
Si Patrice Evra, déjà averti, et Mathieu Debuchy étaient eux aussi préservés et remplacés par Lucas Digne (20 ans, 2 sélections) et Bacary Sagna (31 ans, 41 sélections), la France pourrait ainsi se présenter contre l’Equateur avec un quatuor défensif inédit. Mais elle n’a pas grand chose à craindre, les jeux étant quasiment faits dans la poule et son billet pour le prochain tour pratiquement assuré.