La pose de la première pierre samedi dernier du Haven-Residential Care Home, à Rose-Hill, par l’archevêque de Canterbury, Mgr Justin Welby, a remis Friends In Hope sous le feu des projecteurs. L’Ong participe en effet dans ce projet d’un foyer exclusivement dédié aux personnes souffrant de graves maladies mentales. Depuis 17 ans maintenant, l’association accompagne ces malades ainsi que leur famille.
« Sanz ou regar lor bann malade mental ! Changeons notre façon de regarder les personnes souffrant de maladies mentales ! » dit d’emblée la présidente de l’Ong Friends In Hope (FIH) Shakuntala Jugmohun. Fondée en 1997, cette association bénévole accompagne les malades souffrant de troubles psychiatriques ainsi que leur famille. « Les personnes souffrant d’une maladie mentale sont constamment angoissées et luttent tous les jours pour faire face au monde. Nos regards, qui les jugent souvent, les blessent et ne font qu’augmenter leur solitude. En changeant notre façon de les regarder, en les acceptant et en les respectant, nous les aiderons à mieux se sentir », explique encore notre interlocutrice.
Shakuntala Jugmohun nous exhorte tous à nous renseigner sur les troubles mentaux afin de mieux les comprendre. « Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une personne sur quatre sera atteinte, à un moment ou à un autre, d’une maladie mentale. Les maladies mentales ne font aucune discrimination. Elles affectent les vieux comme les jeunes, les riches comme les pauvres… En tant que parents, nous sommes forcés de faire face à notre impuissance lorsque nos enfants, nos frères, nos soeurs, nos proches ou nos amis, quel que soit leur âge, sont mentalement malades…  Nous sommes impuissants devant la maladie, mais nous pouvons changer notre regard et continuer la lutte », plaide encore la présidente de FIH.
Friends in Hope, poursuit la présidente, apporte aide et soutien aux personnes atteintes de maladies telles que la schizophrénie, les troubles bipolaires (maniaco-dépression) ou encore les troubles obsessionnels, entre autres, de même qu’à leur famille. Cette association s’est donné plusieurs objectifs, ajoute Shakuntala Jugmohun : soutenir les malades et leur famille ; contribuer à la réhabilitation des malades pour qu’ils puissent atteindre leur degré maximum d’autonomie ; faire progresser la connaissance et la compréhension des troubles psychiatriques ; et participer à l’amélioration des cadres légal, administratif, financier et social régissant les droits des personnes atteintes de troubles psychiatriques.
Pour réaliser ces objectifs, FIM dispose à Bonne-Terre, Vacoas, d’un centre de jour pouvant accueillir jusqu’à 25 adhérents du lundi au vendredi pour des activités thérapeutiques, à l’instar de thérapies de groupe, d’un soutien psychologique individuel, de sorties, d’activités comme l’art et le théâtre, ou encore des séances de relaxation. Sans compter “Hopeway”, un centre d’apprentissage par le travail accueillant jusqu’à 12 stagiaires (ateliers d’art et d’artisanat, cuisine, librairie…). FIH dispense également informations et conseils aux malades et à leur famille et anime un réseau de soutien entre familles concernées.
« Nous entreprenons également des actions auprès du grand public afin de briser les tabous sociaux entourant les maladies psychiatriques », précise la présidente. « Nous intervenons aussi au Brown Sequard Mental Health Care Centre, où il y a un service-conseil destiné aux malades et leur famille deux fois par semaine », ajoute-t-elle.
Quant aux ressources dont dispose FIH, Shakuntala Jugmohun insiste sur le fait que son association est bénévole, dépendant donc principalement du soutien de ses membres et de dons, ainsi que de celui des programmes de Corporate Social Responsibility (CSR) des entreprises privées. « Mais le public peut lui aussi apporter sa petite contribution pour nous aider à promouvoir l’inclusion des malades mentaux dans notre société », indique-t-elle. Pour tous renseignements, contacter l’association sur le 427-1870 ou par courriel à fihope@intnet.mu.