Du 31 mai au 6 juin, le Mauritius Oceanography Institute en collaboration avec l’International Ocean Institute of South Africa a entrepris un prélèvement biologique des organismes aquatiques du port de Port-Louis. Cela dans le cadre d’une évaluation des risques de contamination de nos eaux portuaires par des organismes aquatiques nuisibles et les agents pathogènes rejetés dans le port avec les eaux de ballast des navires en rade.
« Cette “biological survey” conjointement menée par le Mauritius Oceanography Institute (MOI) et l’International Ocean Institute of South Africa (IOISA) nous a permis d’identifier et de quantifier les organismes aquatiques (des micro-organismes aux gros poissons) du port de Port-Louis afin de pouvoir établir un inventaire qui nous permettra par la suite de savoir s’il y a un organisme aquatique étranger nuisible rejeté dans le port avec les eaux de ballast d’un navire en rade », explique Rezah Badal, Officer in Charge au MOI. Il ajoute que cet exercice a été effectué dans le cadre de la mise en oeuvre d’un Ballast Water Management Project, un projet de gestion des eaux de ballast sous la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires (2004).
L’expression “eaux de ballast” désigne les eaux et les matières en suspension prises à bord d’un navire pour contrôler l’assiette, le gîte, le tirant d’eau, la stabilité ou les contraintes. La gestion des eaux de ballast désigne les processus mécaniques, physiques, chimiques et biologiques utilisés, isolément ou parallèlement, pour éliminer ou rendre inoffensifs les organismes aquatiques nuisibles et les agents pathogènes présents dans les eaux de ballast et sédiments, ou empêcher qu’ils soient admis dans ces eaux et sédiments ou rejetés avec. Les sédiments sont les matières provenant de l’eau de ballast qui se sont déposées à l’intérieur d’un navire.
Le ballastage, indique notre interlocuteur, est l’action de vider ou de remplir les ballasts d’eau de mer. Il ajoute que l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a évalué que pour la seule année 2004, environ 10 milliards de mètres cube d’eau ont été transportés par les 45 000 navires de commerce mondiaux dans leurs ballasts. 2004 est l’année quand la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires a été proposée.
L’un des problèmes actuels inhérents au ballastage et au déballastage, poursuit Rezah Badal, est que l’eau de mer est pompée à un endroit du globe (zone de déchargement de cargaison), et généralement vidangée à une autre (zone de chargement). Cette eau de mer contient des particules solides boueuses et des particules vivantes animales ou végétales. Ces éléments peuvent être toujours vivants lors du rejet. Ils peuvent alors se retrouver dans un écosystème différent auquel ils peuvent nuire.
« La réglementation internationale actuelle oblige les navires à avoir un plan de gestion des eaux de ballast afin d’éviter de déséquilibrer un écosystème portuaire par le transport éventuel d’espèces invasives. D’où l’élaboration de cette liste des organismes aquatiques de notre port, afin de pouvoir par la suite comparer et déterminer si un organisme aquatique nuisibles ou/et les agents pathogènes étrangers ont débarqué chez nous », élabore l’Officer in Charge du MOI.
« L’ultime objectif de ce projet de gestion des eaux de ballast et sédiments des navires est de prévenir, de réduire au minimum et, en dernier ressort, d’éliminer les risques pour l’environnement, la santé humaine, les biens et les ressources dus au transfert d’organismes aquatiques nuisibles et d’agents pathogènes dans nos eaux », conclut Rezah Badal.