La création du TEMA Technology Park à Accra, au Ghana, fera l’objet d’un protocole d’accord, lequel sera signé demain entre les gouvernements mauricien et ghanéen en présence du président du Ghana, actuellement en visite officielle chez nous. Ce protocole fera provision pour la mise en place d’un mécanisme spécial comparable au Business Park of Mauritius Ltd (BPML), qui pilotera le projet. Selon les milieux proches du dossier, Maurice détiendra une part majoritaire de l’ordre de 60% dans cette compagnie,; les 40% restants allant au gouvernement ghanéen.
La création du parc informatique nécessitera des investissements de l’ordre de USD 250 millions, qui proviendront de plusieurs sources, dont des institutions financières internationales des opérateurs économiques de Maurice et du Ghana. La question du financement est revenue à plusieurs reprises dans les discours prononcés par le président John Dramani Mahama et a été mentionnée à nouveau ce matin lors d’un “business meeting” organisé par le BOI à l’hôtel Maritim? à Balaclava, auquel ont participé quelque 150 hommes d’affaires locaux.
« Africa is not an option. Ghana is not an option neither. It is a necessity », a déclaré le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo en évoquant la stratégie africaine de Maurice. Commentant l’accord-cadre sur l’investissement, le Grand Argentier a expliqué que les incitations qui seront accordées aux investisseurs intéressés à développer des projets au Ghana comprennent des exemptions fiscales sur les dividendes et l’impôt pendant une période de dix ans, ainsi que l’abolition des droits de douane sur les intrants utilisés pour la manufacture de leurs projets. « S’il y a un pays en Afrique qui m’attire le plus en matière d’investissements, c’est bien le Ghana. À l’instar de Maurice, ce pays est une démocratie, un État de droit avec des institutions respectables et des cadres qualifiés », a dit le ministre des Finances.
Le texte du MOU est pratiquement prêt. Il ne reste plus qu’à être visé par l’Attorney General du Ghana au sujet de certains points de l’accord.
Le ministre des Finances a également confirmé qu’il dirigera, à la demande du président du Ghana, une délégation d’au moins 40 opérateurs économiques pour voir sur place les conditions d’investissements et les opportunités d’affaires. À ce propos, le président Mahama a, dans son allocution, évoqué les possibilités d’investissements dans une multitude de secteurs, notamment dans les services financiers où, a-t-il souligné, « Maurice a fait ses preuves, comme l’agriculture, la pêche, le tourisme l’immobilier et les TIC ». Outre Omnicane, qui a déjà montré son grand intérêt pour des investissements dans le secteur sucrier ghanéen, le président Mahama a eu des pourparlers directs avec trois autres opérateurs économiques mauriciens, à savoir le groupe FAIL, EVACO, spécialisé dans l’immobilier, et RT Knits dans le textile.
Étaient présents au “business meeting” de ce matin des représentants de diverses banques, des firmes de consultants, des opérateurs en “global business” et des entrepreneurs du secteur des PME. La rencontre a été marquée par la présentation des cadres d’investissements à Maurice et au Ghana par le BOI et le Ghana Investment Promotion Centre. Le président Mahama a exprimé sa volonté de stabiliser le pays et de créer les conditions pour une croissance robuste et la création d’emplois. Il a aussi évoqué l’engagement ferme de son gouvernement de poursuivre la consolidation budgétaire durant les prochaines années. « Africa is central to the progress of Mauritius », a-t-il déclaré, affirmant sa foi dans le partenariat entre nos deux pays.