D’abord, dans un document en date du 14 octobre 2011, le BEC recommande officiellement aux membres du Board que le contrat pour les services de conseils et de consultations, dans le cadre du projet de “rehabilitation of water reticulation network on NHDC Housing Estates”, soit alloué à la firme Desai & Associates Ltd pour le somme de Rs 7,443,478.26 excluant la TVA. Les techniciens siégeant sur le BEC avaient estimé que l’offre de Desai & Associates Ltd était la meilleure même si GIBB Mauritius Ltd avait obtenu le meilleur “financial score” avec un coût de Rs 4,556,000 pour le projet.
Mais le 204e Board Meeting de la NHDC, le jeudi 20 octobre 2011, tenu dans la salle de conférence de la State Investment Corporation au Air Mauritius Centre, devait prendre à contre-pied les recommandations du comité d’évaluation pour ce projet spécifique. Se basant sur la position financière “alarmante” de cet organisme engagé dans le secteur du logement social, le Board devait entériner la décision d’allouer le contrat à GIBB Mauritius Ltd. “The matter was discussed at length. Board Members opinioned that given the alarming financial position of NHDC it would be in the interest of NHDC to award the contract to Messrs Gibb (Mauritius) being the lowest bidder and who has been ranked second further to overall evaluation”, indique le procès-verbal, tout en soutenant que la différence de prix entre les deux firmes spécialisées en services de conseils et de consultations est importante, soit Rs 2,8 millions.
Cette décision fut prise par le conseil d’administration alors que les techniciens, ayant décortiqué l’offre de GIBB Mauritius Ltd pour ce projet, avaient initialement démontré des lacunes dans le “Bid document” de cette compagnie. “Consultant has stated that the proposal does not price the transport facilities for consultant and that the contractor will have to provide transport facilities (which they consider as an usual practice). It is to be noted that with respect to the above, the Consultant might be at an advantage on his financial proposal with respect to other Consultants”, indique-t-on clairement dans le rapport.
Voitures de luxe
Ainsi, toute l’affaire de la BMW X3 Saga devait éclater en juin dernier avec un budget de plus de Rs 8 millions alloué par la NHDC pour faire l’acquisition de voitures de luxe, dont une BMW X3, deux Peugeot 308 et une Hyundai pour ces field works. Les sources approchées par Week-End à la NHDC indiquent qu’avec ces largesses dans l’utilisation des fonds publics, le coût du projet pour la “rehabilitation of water reticulation network on NHDC Housing Estates” devait dépasser la barre des Rs 12M (les Rs 4,5 millions du “Bid” de GIBB ajoutées aux Rs 8 M dépensées par la NHDC pour l’achat des voitures). Autre fait que ces mêmes sources font ressortir: un sous-comité institué sur la BMW X3 Saga avait mis en lumière le fait que la firme de consultants GIBB Mauritius avait, en sa possession, trois autres véhicules, des Isuzu Double Cabs, immatriculés 1219 MR 07, 274 JN 10 et 1170 MR 10, au lieu des voitures achetées en juin dernier par la NHDC.
Devant ce revirement de situation à son préjudice, la firme Desai & Associates Ltd devait “initiated redress by challenging the decision”  un Independent Review Panel. Dans les conclusions du panel sur le choix controversé de la NHDC d’allouer ce contrat à GIBB, la société engagée dans la mise à exécution de la politique de logements sociaux du gouvernement s’est fait remonter les bretelles de manière brutale: “But what the Board undoubtedly cannot do, more specially in the teeth of clear and specific criteria governing the procurement process, is to act upon its own wisdom to decide to award the contract to GIBB Mauritius Ltd. This would amount to sending the wrong signal to bidders of good faith and promoters if the Board could be allowed to bypass the criteria and methodology already laid down and known to all parties concerned with the bidding process.” Les recoupements d’informations effectués auprès des sources à la NHDC indiquent que deux membres du Board of Directors seraient déjà en instance de départ après l’éclatement du scandale. Affaire à suivre.