Il est l’un des prodiges de la musique issus de l’Atelier Mo’Zar. Héritier de la vision de José Thérèse, Giovani Lionel Emile vole de ses propres ailes, porté par le souffle de son saxophone noir. Installé dans les allées du Caudan Waterfront depuis quelques semaines, il vogue entre jazz et R’n’B et laisse également entendre des touches technos et orientales.
Abrité du soleil sous le parasol planté dans la cour, Giovani Lionel Emile se laisse aller à une impro. Rien d’extravagant, juste un petit air soufflé sans trop réfléchir, pour faire passer le temps. Cela aurait pu être du Charlie Parker, ou un standard du jazz qu’il cite comme référence quand il parle de ses influences. Mais l’instant lui a murmuré autre chose. Son souffle et ses doigts ont choisi de dire Don’t worry be happy. À Coromandel, la célèbre chanson de Bobby McFerrin s’autorise quelques libertés. Elle prend un accent soul, une touche résolument jazzy et s’évade dans les airs avec des grands battements de R’n’B. L’air, explique ensuite le saxophoniste, est venu de lui-même, sans raison apparente, comme lorsqu’il joue sous les cocotiers pour les vacanciers ou dans l’allée du Caudan. “D’ordinaire, je me laisse prendre par l’environnement ambiant et j’adapte mon répertoire en fonction de cela.”
Une règle d’or du jazz inculquée chez lui alors qu’il n’était pas encore adolescent par ce mentor qui lui avait aussi enseigné l’art de vivre. Giovani Lionel, comme il se fait appeler sur scène, est l’un de ces Mozart du ghetto sortis de cette prestigieuse école de musique construite à l’étage d’une lakaz site à Roche Bois. Il se revendique un des fiers héritiers de José Thérèse, qu’il a côtoyé pendant plusieurs années et dont il perpétue aujourd’hui la mémoire dans sa maîtrise du saxophone et dans sa manière de vivre.