Elles sont conscientes que leurs maisons menacent de s’effrondrer à la moindre averse mais sont déchirées à l’idée de quitter leurs terres. Elles ont longuement véçu à Quatre-Soeurs et ont trimé année après année pour construire leurs maisons en béton. Maintenant, elles doivent en partir… C’est la triste réalité de onze familles que Week-End a rencontrées.
Quatre-Soeurs, petit village situé à l’est de Maurice, est marqué par le sceau de la pauvreté. Les principales ressources des habitants sont la pêche, l’agriculture et l’élevage. Ils occupent depuis la nuit des temps des terres de l’Etat situées en hauteur, face à la mer. Depuis 2005, onze familles vivent dans la crainte de voir leurs maisons s’affaisser en raison des glissements de terrain. Ce sont surtout les habitants de Jummah Road et de la route Royale qui sont affectés par ce phénomène inquiétant. « Sa inn kumans par bann fissures mais lané apré lané, problem-là inn agravé », confie Sanjeeta Jhoomah, 48 ans. Au bord des larmes, elle nous raconte avec peine les difficultés qu’elle a rencontrées pour construire sa maison. « Mo ti boku misere. Nou inn pren dette, mo bolom ek moi. Nou inn travay dan karo pou ressi arrive kot nou ete zordi. Aster-là, mo bolom nepli kapav travay. So le rein ne pli solide ditou », dit-elle.
Sur ces 11 familles, issues de milieux modestes, voire très pauvres, deux sont en meilleure situation. C’est ce qu’indique Hemowtee Beesoon, 57 ans. Veuve depuis plusieurs années, elle s’est battue seule pour subvenir aux besoins de ses deux fils, dont l’un est marié aujourd’hui. « Bien que je sois en meilleure situation, cela ne veut pas dire que je suis à l’aise financièrement. J’ai contracté des dettes pour construire ma maison, surtout après que le balcon et la clôture se sont effrondrés il y a deux ans », dit-elle.
Mercredi, une délégation ministérielle composée d’Arvin Boolell, député de la région, Anil Baichoo et Satyadev Mootia, ainsi que d’ingénieurs, a effectué une visite pour constater l’urgence de la situation. Il en ressort que ces habitants n’ont aucun recours si ce n’est que d’évacuer ces terres.
Si à ce stade, il s’avère que les habitants devaient être transférés à Camp Ithier, petit village à proximité de Bramsthan, à Flacq, l’on indique dans les mêmes milieux qu’ils peuvent être installés autre part.
Toutefois, explique Hemowtee Beesoon, les autorités ont proposé des maisons de la National Housing Developement Corporation (NHDC). « Nous sommes ouverts à toutes les propositions mais pas à celle de la NHDC. Nous voulons la valeur réelle de nos maisons, y compris tout ce qui s’y trouve », dit-elle.
Selon nos informations, il ressort qu’un Crisis Committee a été mis en place pour se pencher sur cette affaire urgente. Une réunion est ainsi prévue dans 10 jours, la région étant une zone à hauts risques.