L’Esperanza, bateau du mouvement international Greenpeace, a quitté Port-Louis hier, sous une note de protestation. Accompagnés par une flottille de pêcheurs locaux et sous forte présence des garde-côtes, les militants ont déroulé une banderole au large de Grand-Baie, où se tient, depuis ce matin, la conférence de la Commission thonnière de l’océan Indien. Ils demandent à la Commission de bannir les Dispositifs Concentrateurs de Poissons et le nombre de bateaux de pêche dans la région.
Greenpeace ne lâche pas prise, même s’il est sous la stricte surveillance des autorités mauriciennes depuis sa manifestation contre le senneur sud-coréen Premier, dans la rade il y a trois semaines. L’Esperanza a de nouveau accosté à Port-Louis jeudi dernier, en vue de sensibiliser sur le stock de thon dans l’océan Indien.
Dans cette optique, les militants ont organisé une manifestation en mer, au large de Grand-Baie, en quittant Maurice hier. Accompagnés de pêcheurs locaux dans leurs pirogues, les militants, à bord de l’Esperanza, ont déroulé une banderole sur laquelle était écrit « IOTC count your boats, ban your fads. »
Un tel message s’insère dans le cadre de la conférence de l’Indian Ocean Tuna Commission (IOTC)/Commission thonnière de l’océan Indien (CTOI) qui a débuté ce matin. Greenpeace veut inviter les États de l’océan Indien à réagir sur la baisse du stock de thon dans la région. Selon Sari Tolvanen, International Oceans Campaigner qui assiste à la conférence en tant qu’observatrice, « le stock de thon dans l’océan Indien a atteint un niveau critique. Le plus grave c’est que personne ne semble être au courant du nombre exact de bateaux pêchant dans la région. Au cours de notre campagne dans l’océan Indien l’année dernière et cette année, nous avons pu nous rendre compte que la pêche illégale ainsi que les techniques de pêche destructrices étaient choses courantes. »
Sari Tolvanen invite ainsi les pays membres de la CTOI à prendre les mesures urgentes pour remédier à la situation. Elle préconise, entre autres, la réduction du nombre de bateaux de pêche dans la zone économique exclusive, ainsi que l’interdiction des Dispositifs Concentrateurs de Poissons (DCP)/Fish Aggregating Devices (FAD).
Le DCP est un matériel utilisé par les bateaux pêchant le thon pour attirer les poissons, car le thon a la réputation de s’agréger près d’objets flottants. Il est estimé que plus de la moitié des thons tropicaux capturés aujourd’hui dans le monde — 3,8 millions de tonnes par an — le sont via un DCP. Ce dispositif, selon Greenpeace, contribue à la surpêche dans la zone.
Cependant, répondant à une question de la presse récemment, le président de la CTOI, Daroomalingum Mauree, avait laissé entendre que la Commission était la seule habilitée à évaluer le stock de thon dans l’océan Indien.