Le ministre responsable du hadj à Maurice, Abu Kasenally, a, dans une déclaration au Mauricien hier, repoussé énergiquement toutes les accusations portées contre lui par ses détracteurs concernant l’organisation du pèlerinage du hadj et qui avait mis en cause sa compétence en la matière.
« Je rejette toutes ces accusations », a dit Abu Kasenally. Il a expliqué que ce n’est que le 12 septembre dernier qu’il a été informé par le ministre saoudien du hadj, Bandar bin Mohammad Hajjar, par le biais de le haut commissariat mauricien en Afrique du Sud, que le nombre de visas ne dépasserait pas le quota officiel de 1300 pour Maurice. « Tous ceux qui ont eu un classement après les 1300 premiers sur la liste prioritaire savent depuis le début que leur départ était conditionnel à la réponse des autorités saoudiennes. »
« Notre position est claire. Lorsque nous organisons la mission pré-hadj en Arabie Saoudite, les autorités saoudiennes savent combien de visas seront accordés, soit 1000 pour une population d’un million (0,1%). J’ai rencontré le ministre saoudien en mars et je lui avais soumis une demande pour 700 places additionnelles et il m’avait fait comprendre qu’une réponse me serait communiquée après le Ramadan. »
« Ce n’est que le 12 septembre que j’ai eu une communication de la part du ministre saoudien par le biais de notre ambassade à Pretoria me disant qu’après discussions, le gouvernement saoudien avait décidé de ne pas accorder de visas additionnels en raison des travaux d’infrastructure majeurs à la Mecque et à Mina. »
Ainsi, le ministre saoudien, se référant à la demande de Maurice, affirme dans sa lettre en date du 12 septembre que : « We would like to inform you that due to increasing numbers of the Muslim population in the countries from which the pilgrims come, and the ministry receiving many similar requests that are beyond the capacity of the holy sites and the accommodation places of pilgrims, in addition to the limited space specially in Mina, also the inability for the accomodation places of pilgrims in the holy sites to accomodate any increase in the number of pilgrims from the formal quitas for the Arab and muslim countries, as well as the fact that the governement of the Custodian of the two holy Mosques is currently working on the implementation of several important development projects in the two holy Mosques and the holy places, which aims to expand the capacity to these places in the future (god willing), the authorities in the Kingdom Saoudi Arabia offer their apologies for the inability to fulfill your request. » Le ministre saoudien insiste sur le fait que Maurice devra se satisfaire de son quota officiel de 1300 pèlerins conformément à l’accord conclu entre les deux pays.
Pilier
En fait, comme l’a indiqué une dépêche de l’AFP hier, l’Arabie Saoudite a rejeté des demandes de visas additionnels venant de 40 pays. « The ministry has apologised to all countries which had asked to increase the number of their pilgrims this year… (because of) the giant development projects in Mecca and Medina which make it difficult to accommodate more numbers », précise l’AFP.
Les travaux d’infrastructure comprennent l’agrandissement de la grande mosquée à la Mecque.
Le hadj est un des cinq piliers de l’islam et doit être réalisé autant que possible une fois dans une vie par tous les musulmans qui sont en mesure de le faire. Trois millions de pèlerins se sont rendus à la Mecque l’année dernière.
Pour le ministre Abu Kasenally, ce ne sont pas les pèlerins qui protestent le plus à Maurice, mais ce sont les organisateurs. « Beaucoup d’organisateurs s’occupent très bien des pèlerins sous leur responsabilité, mais il y a un petit groupe qui s’occupe plus de ses intérêts personnels que de ceux des hadjees », observe Abu Kasenally.
« Je regrette que certaines personnes censées éduquées et qui connaissent très bien les conditions dans lesquelles le hadj est organisé mènent une campagne malsaine et se servent du hadj pour promouvoir leurs intérêts
personnel et politique », poursuit-il.
Le ministre souligne que tous ce qui ne pourront partir cette année seront remboursés du dépôt de Rs 5000 qu’ils ont effectué. De plus, si les autorités mauriciennes arrivent à obtenir quelques visas supplémentaires, ils seront distribués en fonction de la liste prioritaire établie par l’Islamic Cultural Centre (ICC).
De son côté, Farhad Aumeer, président du ICC, a lancé un défi à tous ceux qui prétendent être en possession d’une lettre datant de mars informant les autorités mauriciennes qu’il n’y aurait pas de quota supplémentaire de la rendre publique. Il rappelle de plus que président du ICC et les membres du conseil d’administration sont nommés par le Cabinet et que « ce n’est pas à un groupuscule de venir demander leur démission. »