Les premiers Jeux nationaux handisports (11 et 12 septembre dernier) ont été un succès a affirmé le président de la Mauritius National Paralympics Committee (MNPC), Jean-Marie Malépa, également président de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF). Il est maintenant grand temps, a-t-il déclaré, de voir grand, car ces Jeux ont démontré qu’il y a un réel intérêt des jeunes handicapés pour la pratique du sport de haut niveau. Afin de redynamiser le handisport, il est d’avis que le recrutement d’un directeur technique national est primordial. La proposition a été débattue et approuvée lors de la réunion du board, mercredi au NPF Building, à Rose-Hill. Idem pour le sport d’élite que compte mettre en place la MNPC très prochainement.
Le handisport est appelé à prendre une nouvelle dimension. C’est la devise de Jean Marie Malépa depuis son élection à la tête de la MNPC en avril de l’année dernière. Et mercredi dernier, il n’a pas changé de discours. « L’une des premières innovations a été les minima. Nombreux sont ceux qui n’étaient pas très chauds à cette idée, mais je n’ai pas cédé. Pour participer à une compétition internationale, il faut impérativement réaliser les minima. C’est un passage obligé si on veut avoir des athlètes de haut niveau capables de réaliser de belles performances et représenter le pays dignement », a-t-il fait remarquer.
A ce titre justement, Jean Marie Malépa a cité l’exemple de Cédric Ravet, spécialiste du 1500m en fauteuil et finaliste des derniers Jeux du Commonwealth, en Ecosse. Ce dernier, a-t-il fait remarquer, avait arrêté la compétition pendant un long moment et ce n’est qu’en janvier dernier qu’il a repris sous la direction de l’entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee. « Cédric a prouvé qu’il pouvait gagner sa place pour une finale des Jeux du Commonwealth à force de travailler très dur. C’est dire que si nous continuons dans cette voie, on aura d’autres bonnes performances de ce niveau », a expliqué le président du MNPC.
C’est la raison pour laquelle il estime qu’il est temps que le handisport mauricien dispose de l’expérience d’un DTN. « Depuis 1985, le handisport a toujours rapporté des médailles au pays. Nous avons du potentiel à Maurice et j’estime qu’un DTN va nous aider à progresser davantage », a-t-il souligné. Avec le soutien d’un technicien hautement qualifié, a-t-il avancé, la MNPC envisage, avec la collaboration des quatre fédérations handisportives, la mise en place d’un centre de formation. « Qu’on le veuille ou non, la formation demeure la base même de la réussite. Si nous avons une bonne base et de bonnes structures d’encadrement, c’est sûr que nous aurons une très bonne élite. »
Un groupe d’athlètes de haut niveau
En parlant d’élite justement, Jean Marie Malépa a indiqué qu’il est aujourd’hui inadmissible que ce secteur repose sur un tout petit groupe d’athlètes, que sont les nageurs Scody Victor et Cédric Ravet. « Ces athlètes n’ont pas d’adversaire à leur niveau et sincèrement, je trouve que c’est un gros problème pour le développement du handisport à Maurice. Pour progresser, il est important que nous ayons plus d’athlètes de haut niveau », a-t-il avancé. Jean Marie Malépa compte ainsi solliciter les présidents des fédérations handisportives, afin qu’il y ait une poule d’au moins huit à dix athlètes de niveau et dont l’objectif sera   de briller d’abord aux Jeux des Iles de l’océan Indien, puis aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016 au Brésil.
Pour atteindre cet objectif, a ajouté notre interlocuteur, il est très important de revoir les structures. Un athlète qui vise le haut niveau, a-t-il souligné, doit pouvoir s’entraîner à la raison de quatre, voire cinq fois la semaine, sinon plus. « Cédric a prouvé qu’on peut briller au niveau mondial si on travaille très dur. Alors pourquoi pas les autres. Je le redis: je suis convaincu qu’on a le potentiel pour briller au plus haut niveau à condition qu’on bosse dur et qu’on ait des structures de haut niveau », a-t-il dit.
Dans son programme de « Road to 2016 », Jean Marie Malépa estime que des moyens supplémentaires devront être mis à la disposition des handisportifs par les autorités concernées. D’autant, a-t-il indiqué, que le handisportif pratique plusieurs disciplines contrairement à un athlète valide. Ce qui est aussi très important, a-t-il souligné, c’est que les athlètes puissent participer régulièrement à des compétitions à l’étranger. « Sans gros moyens, Cédric a atteint la finale des Jeux du Commonwealth. Imaginez ce qu’il peut faire à Rio s’il a la chance de participer à des compétitions internationales avant l’échéance brésilienne », s’est-il demandé.