Le monde hippique mauricien, dans son ensemble, a applaudi la décision des commissaires de courses d’ouvrir une enquête sur le déroulement de la «Jean Halbwachs Cup» – lors de la journée Internationale de samedi – et d’avoir puni sévèrement six jockeys, trouvés coupables de n’avoir pas monté leur monture comme il se doit. Cette épreuve, s’il faut le rappeler, a été remportée par Zip It, piloté par Rakesh Bhaugeerothee, qui a vu sa cote grimper en flèche, passant de 13 contre 1 à pratiquement 3 contre 1. Selon les indications recueillies sur place, la cote de Zip It a flambé durant la nuit de vendredi à samedi matin alors qu’il pleuvait des cordes et que la tenue de la 40e journée était toujours incertaine.
Des sept jockeys convoqués devant le board des commissaires des courses, présidé par Ian Paterson,  six d’entre eux ont été sanctionnés dont cinq lourdement.  Jean Roland Boutanive (Drug Squad) a écopé de 18 journées de suspension. Swapneel Rama (Port Albert) et Reehaze Hoolash (Infinite Destiny) auront à purger une mise à pied de 14 journées chacun, Nishal Teeha (Manta Ridge) et Mayeven Chinapiel (The Sneaker) seront absents de la compétition pendant 12 journées alors que Dinesh Sooful (Surprising Dream) s’est vu infliger une suspension de 2 semaines et d’une amende de Rs 25,000. Des interrogations subsistent chez nombre de turfistes sur les jockeys qui ont échappé au couperet. Car pour la réussite du complot, il fallait bien s’assurer que tout le monde «on board.»
De plus, nous apprenons que le Mauritius Turf Club a déjà transmis tout le dossier à la police pour une enquête approfondie. En attendant, les sept jockeys ont fait appel et aussi curieux que cela puisse paraître, ils seront tous défendus par le même avocat, Me Rama Valayden. Allez savoir aussi pourquoi
La presse joue son rôle
L’éclatement de cette affaire qui a d’abord été mise en exergue par la presse, qui n’a pas hésité comme souvent à jouer son rôle, était trop beau pour que certains au Champ de Mars n’en tirent pas profit pour essayer de redorer leur blason, mis à rude épreuve durant la saison 2013.  A commencer par le Chairman des Stipes, Ian Paterson qui en a profité pour sortir de son trou et monter au créneau. Ian Paterson, a ouvert ses portes à certains journalistes et a même parlé d’une enquête historique et de la volonté du MTC de punir ceux qui transgressent les règles.
Dans sa volonté de frapper un grand coup, Ian Patreson serait allé jusqu’à affirmer à la police qu’il était «informé de cette affaire» avant la course.  Avant d’aller passer plus de trois heures dans les locaux de la police des jeux mercredi dernier – 24 heures après que les sanctions furent tombées – pour expliquer les raisons pour lesquelles son board estime que c’était une course truquée.
La presse parlée en a fait sa une, de même que la presse écrite qui a étalé sur neuf colonnes ce qui est considéré comme «la course de la honte». Ce qui vrai parceque noua avons éte la risée du monde entier puisque cela s’est passé lors de la journée internationale, qui a été largement diffusé à travers la planète. Rien que pour avoir sali  nos courses dans un moment où l’on était en train de la promouvoir, la sanction vis à vis de ces messieurs auraient dû être plus lourde encore car ils ont « bring the game into disrepute».Ce qui est faux car il y a réguièrement des courses altérées de la sorte par les jockeys étrangers, plus fins, et par des arrangeurs bénéficiant de la protection divine mais pour, celles-là, les oeillères et les langues attachées sont monnaie courantes dans les instances y relatives.
A priori, il fallait lui dire bravo pour son enquête historique! Mais, Ian Paterson – que certains ont qualifié pour des raisons que nous savons comme un « des meilleurs stipes au monde— aurait gagné en crédibilité non seulement aux yeux des membres du MTC, mais surtout auprès des turfistes s’il avait prémuni les turfistes de ce « coup » qui a plumé allégrement bon nombre de parieurs, mais qui a enrichi un « happy few » dont apparemment le nom du commandiatire est connu de tous.
Des turfistes, qui se sont confiés à Week-End durant la semaine écoulée, nous ont expliqué leur étonnement de voir des personnes «sous influence» parier sur les chances de Zip It avec des liasses de Rs10 000, lors du « call over » de jeudi. Ce qui veut dire que Zip It avait des partisans depuis l’ouverture des paris. Comment le MTC, en particulier le Chairman des commissaires des courses, ne pouvait ne pas être informé de  l’évolution soudaine de la cote de ce cheval ?
N’aurait-on pas pu empêcher la réussite de ce « coup » ? N’aurait-on pas pu prendre des dispositions pour mettre chaque jockey engagé dans cette épreuve devant ses responsabilités avant le départ ? Obliger les entraîneurs à donner leur instructions devant les commissaires auraient déjà été un signal fort de la volonté d’empêcher les fauteurs de passer à l’acte. Comme le prévoot les directions of racing. Malheureusement, force est de constater que le board des commissaires des courses est passé à côté de la plaque dans ce nouveau scandale qui frappe de plein fouet le Champ de Mars. Ce board a été involontairement un complice passif de ce véritable vol à main armée.
Où était la police des jeux?
Si les jockeys doivent être montrés du doigt, nous sommes d’avis que le panel des commissaires des courses a également sa part de responsabilité dans toute cette affaire  qui éclabousse davantage une image du sport hippique déja ternie en raison des agissements de ceux qui le dirigent depuis des années. Tout le monde au Champ de Mars avait eu vent  que cette course était « arrangée » et qu’une personne peu fréquentable agissait dans l’ombre. Des jockeys nous ont même dit qu’ils en ont parlé ouvertement avec certains officiels du MTC et non des moindres s’il vous plaît. Mais rien n’a été fait. Personne n’a bougé d’un iota. Le Chief Stipe n’a nullement jugé utile d’appeler, ne serait-ce, un jockey ou un entraîneur, avant la course pour au moins essayer de savoir les biens fondés de la rumeur. Surtout qu’au Champ de Mars, une rumeur n’en est jamais une. Où était la police des jeu ou la police secrète et allez savoir le pourquoi de cette absence sur le terrain?
La question qui revient en premier lieu dans cette affaire est comment se fait-il qu’à la fermeture vendredi soir, la cote de Zip It, entre 14/1 et 13/1 à l’ouverture jeudi, était de 8 contre 1 alors qu’à l’ouverture samedi matin, elle était passée à 4 contre 1 et plus tard à 3 contre 1 ? Visiblement la nuit du 30 au 31 novembre a été longue, très longue même pour certains et que visiblement aussi les bookmakers font du betting durant la nuit. Il n’y a pas d’autre explication.
Le fait que les commissaires des courses n’ont pas agi, démontre qu’ils ont failli à leur tâche primaire qui consiste à protéger le public parieur. Et pour cela, ils méritent tous un carton rouge. Ils ont été des témoins passifs et personne ne pourra empêcher les turfistes de croire que cette passivité du MTC a largement contribué à ce qu’un profiteur empoche des millions et des millions de roupies sur la victoire de Zip It.
Quid de la monte de Burke sur Unbridled Joy ? Et le manque de sanction contre Joorawon?
Pourquoi Ian Paterson n’a pas jugé utile et important d’ interroger les jockeys avant la course ? Qui au MTC peut répondre à cette question? Certainement pas Ian Paterson qui sans surprise, a encore une fois fermé les yeux sur une autre monte scandaleuse de Robbie Burke – un de ceux bénéficiant d’une clémence  hors norme mais on entend dire qu’il ne le sera plus la saison prochaine – sur Unbridled Joy qui s’était engagé dans un coupe-gorge avec Iwayini (Peslier) sans être inquiété par Ian Paterson.
Les travers du Week-End International ne s’arrêtent pas en si bon chemin ! Même sa monte sur Hot Rocket méritait d’être questionnée. Certes, il a gagné cette course sur tapis vert après la rétrogradation de Bolting Cat, mais Robbie Burke peut-il nous dire pourquoi il a choisi de passer à l’extérieur alors qu’il avait un boulevard à la corde où trois, voire quatre chevaux auraient pu passer ?
Comment expliquer que Rai Joorawon, vainqueur sur Azapel, n’ait pas été sanctionné pour ce que l’entraîneur de l’écurie Gujadhur, Soon Gujadhur, a lui même reconnu qu’il y avait une grave interférence en ligne droite. Enfin dans cette même affaire Azapel comment expliquer que Mukund Gujadhur, qui n’est pas un responsable officiel de l’écurie Gujadur a pu une nouvelle fois participer à une enquête des stewards?
Si Ian Paterson voulait redorera son blason, il aurait dû commencer à faire respecter la chambre qu’il dirige. Ce n’est en tout cas en chevauchant cette enquête historique pour une course truquée qu’il dit n’avoir jamais eu l’occasion de vivre de toute sa carrière, qu’il le fera. Il se trompe grossièrement car les turfistes ne sont pas dupes: il y a eu des courses aussi malsaines traitées avec trop de légèreté. En tout cas les turfistes avisés se sont déjà fait leur opinion depuis les soirées arrosées du président de la Chambre des commissaires des courses.
A l’heure des enquêtes boomerang,  il ne faudarit pas s’étonner si la police des jeux, en quête de notoriété aussi, covoque Ian Paterson  pour lui demander des éclaircissements sur sa passivité sur cette fameuse course d’ouverture de la 40e journée.
Pourquoi n’a-t-il pas agi avant? Cette question est ESSENTIELLE pour la crédibilité des courses. Si bien sûr il en reste encore…