Holi sera célébrée le mercredi 27 mars à Maurice. Triolet, Hollyrood, Bramsthan et Fond-du-Sac sont les quatre régions choisies par le gouvernement pour accueillir officiellement cette fête des couleurs alors que tous les coins du pays se préparent déjà pour la grande nuit de Holika Dahan, soit la destruction par le feu de Holika le mardi 26 mars. Le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee, a donné des détails de la célébration lors d’une conférence de presse à Port-Louis dans la semaine.
Plusieurs faits et croyances sont associés à la célébration de Holi. En Inde, rappelle le ministre Choonee, la fête des couleurs est célébrée pour accueillir la nouvelle saison et la moisson. Pour les Indiens, c’est l’heure des réjouissances après de longs mois de dur labeur et tous sont égaux ce jour-là. La fête est célébrée sur deux jours. « On dit aussi que si un dévot croit en dieu, il sera toujours heureux et sous sa protection, sinon, il sera détruit à l’instar de ce qui se passe avec Holika la veille », poursuit l’intervenant.
Pour le leader du Nav Yuvak Dharmic Sangh de Triolet, Prakash Manaroo, c’est le moment tout indiqué pour que chacun s’interroge sur sa personne et se purifie en détruisant la Holika qui est en lui. Le président de la Sanathan Dharma Temples Federation (SDTF), Somduth Dulthumun a, quant à lui, préféré rentrer dans l’explication mythologique de cette fête : la destruction de Holika assise sur le feu en tenant sur ses genoux le fils du roi Hiranyakashyapu, Prahlad, qui avait refusé de voir son père comme un dieu. Selon la mythologie, le frère du roi avait un don qui devait prévenir la destruction de Holika par le feu. C’est à la demande de celui-ci qu’elle s’est exécutée et fut brûlée alors que Prahlad qui invoquait le dieu Vishnu en fut épargné.
Sarita Boodhoo, présidente de la Bhojpuri Speaking Union (BSU), a témoigné du travail effectué par le Sheva Shivir en 1973 pour revaloriser Holi, considérée à un certain moment comme la « fête pagla (nldr : fou) ». Elle indique que Holi est célébrée pendant le mois de Phâlgunotsava. « La fête à cette époque avait une connotation péjorative et les jeunes avaient délaissé le jhal Dolok. Le Sheva Shivir avait alors organisé une grande fête au Champ de Mars à laquelle avait participé le gouverneur sir Seewoosagur Ramgoolam. »