Satianand Nunhoo, accusé d’avoir tué Jacques Chan Lim Wan, l’amant de sa tante, en décembre 2003, a plaidé non coupable à l’accusation de manslaughter logée contre lui par le ministère public. Le jury ayant été constitué, les premiers témoins formels ont été appelés hier par la poursuite. D’autres seront entendus dans la journée.
Le bureau du directeur des poursuites publiques, représenté par Mes Rehnu Gowry-Bhurrut (Senior State Counsel), Abdool Raheem Tajoodeen et Selveena Adapen (State Counsels), intente un procès à Satianand Nunhoo pour l’homicide de Jacques Chan Lim Wan, plus connu comme « Bruce Lee ». L’accusé a plaidé non coupable à la charge devant le juge Benjamin Marie Joseph, siégeant aux Assises, et a retenu les services de Me Hervé Lassémillante.
Après avoir choisi les jurés, Me Rehnu Gowry-Bhurrut s’est adressée à eux en exposant le dossier d’accusation. Bruce Lee, un quadragénaire, a été mortellement agressé le 20 décembre 2003 à l’Avenue Ollier, Quatre-Bornes. La victime et la tante de l’accusé entretenaient une relation amoureuse et cette situation déplaisait à la famille Nunhoo. Jacques Chan Lim Wan habitait non loin d’elle.
Le soir de l’incident, Satianand Nunhoo serait entré dans la chambre de sa tante et aurait vu Bruce Lee en sa compagnie. Il aurait alors battu Bruce Lee qui n’a pu riposter. La Senior State Counsel a, pendant son intervention, qualifié cet acte d’« inhumain », de « sauvage » et de « malicieux ». Roué de coups à l’aide d’une barre de fer, le couple se serait précipité à l’extérieur. La pièce à conviction a d’ailleurs été présentée en cour par un officier de la Cour de Rose-Hill. La présumée arme du crime était sous sa responsabilité depuis la tenue de l’enquête préliminaire en 2008.
Lors de l’agression, la tante de Satianand Nunhoo a également été blessée. Elle se serait réfugiée chez son amant afin d’échapper à son agresseur. Par la suite, elle a été transportée par le SAMU à l’hôpital de Candos et y a reçu des soins. Cependant, Bruce Lee, n’aura pas eu la même chance. Trouvé à demi-mort par la police, il a succombé à ses graves blessures à l’Intensive Care Unit du même hôpital. L’autopsie a révélé qu’il a eu une fracture et une lacération du cerveau (ndlr : coupures ou déchirures du cerveau).
La soeur de la victime a été appelée à témoigner par la poursuite. Elle a soutenu qu’elle a récupéré le corps de son frère le lendemain pour l’enterrement et qu’elle n’a pas à se plaindre du travail de la police s’agissant de cette affaire.
La défense a signifié son intention d’objecter à ce qu’un statement consigné par le caporal Ramloll soit utilisé pour les besoins du procès. Selon la sentence maximale prévue par le Code pénal en 2003 pour manslaughter, l’inculpé risque un maximum 20 ans de servitude pénale s’il est trouvé coupable par le jury. La partie civile ne compte pas insister sur l’élément de préméditation. Ce sera au juge Benjamin d’apprécier la peine d’emprisonnement. Les travaux continuent pendant la journée d’aujourd’hui.