Protesters gather outside the police headquarters in Hong Kong on June 21, 2019. - Thousands of protesters converged on Hong Kong's police headquarters on June 21, demanding the resignation of the city's pro-Beijing leader and the release of demonstrators arrested during the territory's worst political crisis in decades. (Photo by Philip FONG / AFP)

Les militants pro-démocratie ont appelé vendredi à une grande manifestation pour dimanche, et à une grève lundi visant à perturber les transports publics.

L’appel a été lancé par différents forums en ligne coordonnant ce mouvement de protestation sans véritable leader.

« Si le gouvernement communiste de Hong Kong ignore l’opinion publique, il y aura pendant cinq ou six jours d’affilée +une éclosion généralisée+… Nous devons fixer un délai », peut-on lire sur le forum Reddit-like LIHKG, qui a reçu un accueil très favorable des internautes.

L' »éclosion généralisée » est le nom donné par les manifestants à leur nouveau mode opératoire adopté en novembre, qui consiste à mener des actions de faible envergure pour éprouver les forces de police et paralyser la circulation.

Le rassemblement de dimanche a été autorisé par les autorités.

Cette nouvelle mobilisation intervient alors que Pékin et l’exécutif local refusent toujours toute concession aux contestataires en dépit de leur écrasante victoire dimanche aux élections locales.

A l’heure du déjeuner vendredi, des centaines d’employés de bureaux se sont rassemblés dans plusieurs quartiers de la mégapole.

– Nouveau chaos? –

Près de six mois après le début du mouvement, les électeurs ont infligé un camouflet au gouvernement local soutenu par Pékin, qui jusque-là se disait soutenu par une majorité silencieuse de Hongkongais.

Les jours précédant et suivant ces élections ont été marqués par une inhabituelle période de calme après des semaines de manifestations dégénérant en violents affrontements entre police et manifestants.

En Chine, les médias ont passé sous silence la victoire de l’opposition pro-démocratie, préférant discréditer les conditions dans lesquelles le scrutin s’est tenu.

La cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, qui cristallise la colère des manifestants, a reconnu le mécontentement de la population, tout en refusant d’accéder aux demandes des manifestants. « Je suis persuadée que Hong Kong peut rebondir comme elle l’a toujours fait », s’est-elle contentée d’affirmer lors d’une visite en Thaïlande.

Les nouveaux appels à manifester font craindre le retour du chaos dans l’ex-colonie britannique, plongée depuis près de six mois dans une crise politique sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Vendredi après-midi, la police a mis fin au plus violent épisode du mouvement de protestation: le siège de l’Université Polytechnique de Hong Kong (PolyU).

Cette prestigieuse université a été le 17 novembre le théâtre d’affrontements d’une violence sans précédent entre les manifestants et la police.

– 4.000 cocktails Molotov –

Ces heurts ont ensuite laissé place à un siège de la PolyU par la police pour déloger des centaines de protestataires retranchés dans l’immense campus. Une très grande majorité d’entre eux se sont rendus avant d’être arrêtés. D’autres ont réussi à s’évader au moyen de cordes ou par les égouts.

Après le départ de la quasi-totalité des manifestants, la police a pénétré jeudi sur le campus dévasté de l’université, où ont été découverts quelque 4.000 cocktails Molotov.

Vendredi, la police a levé les cordons de police qui entouraient le campus et quitté les lieux, mettant ainsi fin à treize jours de siège au cours duquel ils ont arrêté 1.377 personnes.

« Seules 46 des personnes arrêtées sont des étudiants de PolyU », a déclaré à la presse son président, Jin-Guang Teng.

Une gigantesque opération de nettoyage va débuter afin d’effacer les traces de cette occupation et des affrontements, qui ont laissé le campus en partie saccagé.

Le mouvement pro-démocratie a débuté en juin à la suite du rejet d’un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Celui-ci a depuis été suspendu, mais les manifestants ont élargi leurs revendications. Ils exigent un véritable suffrage universel ainsi qu’une enquête indépendante sur les violences policières.

Plus de 5.800 personnes ont été arrêtées et près d’un millier inculpées, selon les chiffres du gouvernement et la police a tiré plus de 12.000 grenades lacrymogènes.

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