À la suite d’une demande du ministère des Îles éparses concernant la possibilité ou non d’inclure sur l’acte de naissance l’identité agaléenne pour ceux qui naissent à Maurice, le Bureau de l’État étudie la question. « Ce n’est pas compliqué de le faire, mais une telle décision comporte des implications légales et c’est pour cette raison que nous recherchons l’avis du Parquet », indique un officier de l’État civil.
L’État civil, placé sous la tutelle du Prime Minister’s Office, a déjà informé ce bureau des procédures qu’il a enclenchées par rapport à cette question agaléenne. Selon nos informations, le PMO « ne serait pas contre un tel projet » mais attendrait les recommandations de l’État civil pour prendre une décision. Soulignons que cette mesure concernerait uniquement les nouveau-nés dont les mères ont été obligées à venir accoucher à Maurice.
Les femmes enceintes à Agaléga doivent désormais venir à Maurice après quelques mois de grossesse car le service de santé dans l’archipel n’est pas équipé de toutes les facilités médicales requises pour des naissances en toute sécurité, malgré la présence sur l’île d’un médecin généraliste et d’infirmiers. Depuis quelques années, les mères agaléennes ne cessent de revendiquer leur droit « pou deklar nou zanfan kouma Agalein ». Il y a environ deux mois, certaines Agaléenes sont montées au créneau aux côtés du Kolektif Pou Agalega pour faire entendre leurs voix sur cette question.
Les Rodriguais et les Agaléens font partie intégrante de la République de Maurice et sont donc de nationalité mauricienne. Le terme « Born in Rodrigues » sur l’acte de naissance des nouveau-nés à Rodrigues indique clairement que l’enfant est d’origine rodriguaise. Une solution à la requête des Agaléens pourrait être la mention de l’adresse permanente des parents dans l’archipel. « L’adresse des parents à Agaléga figurant sur l’acte de naissance pourrait être une source d’information quant à l’identité agaléenne de l’enfant », explique un responsable de ce dossier.
L’État civil discute en ce moment avec le Parquet des règlements à mettre en place pour permettre la mise en pratique d’une telle mesure. Selon nos informations, l’État civil travaille sérieusement sur ce dossier et une ébauche du règlement pourrait être prête « avant la fin de l’année ». En fonction du rapport que lui soumettra l’État civil, il reviendra au gouvernement de prendre une décision.
En attendant l’entrée en vigueur de cette mesure, les femmes agaléennes, qui viendront à Maurice pour accoucher, doivent donner leur adresse permanente à Agaléga au moment de remplir les documents administratifs nécessaires en arrivant à l’hôpital. « Dès le départ, elles doivent indiquer leur adresse à Agaléga et les autorités pourront vérifier si elles sont vraiment des résidentes de l’île », souligne un cadre au ministère des Îles éparses.
Une délégation de l’Outer Islands Development Council (OIDC) en mission dans l’île ces jours-ci communiquera cette information aux habitants. Sybille Membedowah, de l’Association Génération Agaléga, qui s’élève contre les départs obligés des femmes enceintes à Maurice pour l’accouchement, a une réaction mitigée par rapport à cette démarche entreprise par les autorités concernant l’acte de naissance des futurs bébés. Elle préfère attendre, dit-elle, la mise en vigueur de la mesure « avant de se réjouir ». Elle ajoute : « Li bon si ena kiksoz ki pe bouze reelman. Me dan le pase, finn ena tro boukou kikzoz ki bann politisien finn promet pou Agalega apre nanryen pa finn arive. Kan pou ena lanons ofisiel lalwa pou lidantite agalein lor lakt-de-nesans, lerla nou ava dir kiksoz. »