L’association Prévention Information et Lutte contre le Sida (PILS) dans sa perpétuelle lutte contre cette maladie et les préjugés auxquels elle est associée, réitère sa demande à l’État de revoir une loi qui interdit aux citoyens étrangers vivant avec le VIH de travailler à Maurice. L’association estime qu’il s’agit là d’une loi qui renforce la stigmatisation envers les personnes séropositives.
C’est dans le cadre du Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD), qui s’est tenu le 21 et 22 novembre à Maurice, que l’ONG PILS a réitéré sa demande de révision de l’Immigration Act, qui encouragerait une forme de discrimination envers les personnes séropositives. Parmi les critères auxquels doivent répondre toute personne de nationalité étrangère souhaitant travailler ou résider à Maurice, figure l’obligation de décliner son statut sérologique. L’ONG indique qu’aux termes actuels de la loi, un test de dépistage du VIH est obligatoire pour ces personnes. Ainsi, aucun permis de travail ou visa long séjour n’est accordé aux personnes séropositives. L’association souligne également le fait que depuis 1987, plus de 200 étrangers ont été, selon elle, expulsées de l’île Maurice à cause de cette loi.
PILS soutient que cette clause de l’Immigration Act, en plus d’être « totalement arbitraire » et discriminatoire, va à l’encontre des engagements pris par le gouvernement mauricien et des recommandations du Bureau International du Travail. Une stigmatisation qui pourrait également être un obstacle au développement et aux investissements étrangers si elle est maintenue.
Selon PILS, ce seraient les clauses de la Section 8 de l’Immigration Act que les autorités auraient avancés comme arguments pour justifier le maintien de cette situation :
8 Prohibited immigrants
(1) Except as provided in subsection (2), the following persons, other than citizens and,
subject to section 6, residents, shall be deemed to be prohibited immigrants and shall not be admitted to Mauritius –
… (b) persons afflicted with any infectious or contagious disease ;
… (g) persons who are likely to become a charge on public funds…
PILS insiste ainsi sur le fait que les personnes vivant avec le VIH ne sont dangereuses ni pour la santé, ni pour la sécurité publique : « Une personne vivant avec le VIH aujourd’hui, diagnostiquée et traitée, vit et peut travailler normalement et n’a que très peu de risque de transmettre le virus ». De plus, les étrangers résidant à Maurice payent leurs soins médicaux. L’association ajoute : « Si l’Immigration Act venait à être amendé, l’Île Maurice pourrait, le cas échéant, offrir gratuitement, sur une base humanitaire, des soins aux ressortissants des pays en développement. »
Par ailleurs, PILS reproche au ministre du Travail de ne pas s’être prononcé contre cette loi lors de son discours à la cérémonie d’ouverture du Forum. « C’est le virus du sida qu’il faut combattre, pas les personnes qui vivent avec. Il est grand temps que notre pays mette en pratique ce message pour affirmer notre respect des droits humains », martèle l’association.