La Commission de l’Océan Indien (COI) a lancé cette semaine un appel à propositions pour le projet “COI Biodiversité”, qui couvre l’indianocéanie et la bande côtière du Kenya et de la Tanzanie, pour contribuer à « une gestion efficace, cohérente et coordonnée des ressources de la biodiversité régionale », et ce conformément aux engagements pris par ces pays dans le cadre de leurs accords environnementaux.
Le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de L’Estrac, a fait ressortir que COI Biodiversité n’est pas un projet de conservation pur et dur, « mais bien l’expression d’une politique à l’échelle humaine », à laquelle sont assignés des objectifs de développement et de lutte contre la pauvreté. « La pauvreté demeure une source majeure et insuffisamment prise en compte de dégradation de l’environnement. » Selon lui, la région élargie que constituent l’Indianocéanie et les côtes d’Afrique orientale est riche d’une exceptionnelle biodiversité marquée par un taux élevé d’endémisme. « Mais cette biodiversité est menacée, malmenée et risque d’être bientôt marginalisée sous la pression d’activités humaines, dont la déforestation, l’urbanisation incontrôlée ou la pollution. À cela s’ajoute le choc planétaire du changement climatique avec ses effets dramatiques sur la nature, nos peuples et nos économies », a-t-il souligné.
Ce constat d’une dégradation accélérée des écosystèmes est à la base du concept de “points chauds de biodiversité”, mis à jour dans les années 80’ par des chercheurs de l’université d’Oxford, qui avaient initialement identifié 25 sites caractérisés par une exceptionnelle concentration d’espèces endémiques et un risque sérieux de dégradation. Ce nombre initial de “points chauds” a été porté à 34 en 2004, incluant notamment ceux de la biodiversité marine. Le secrétaire général de la COI ajoute qu’il ne faut pas perdre de vue qu’au coeur de ces écosystèmes fragiles et menacés se trouvent surtout des hommes et des femmes qui vivent et travaillent. « On ne peut moralement les ignorer et il est illusoire de croire que l’on pourra mettre un frein aux dégradations de notre environnement et protéger notre biodiversité sans associer pleinement ces populations, à commencer par les plus défavorisées d’entre elles, à la gestion raisonnée de ressources, qui sont avant tout les leurs. » Une large part des hommes et femmes de ces pays dépendent toujours de la pêche, de l’artisanat, de l’agriculture et du tourisme.
Cet appel à propositions s’adresse aux organisations non étatiques – telles que définies dans l’Accord de Cotonou – que sont la société civile, des partenaires économiques et sociaux, des organisations professionnelles, le secteur privé et des autorités locales élues. Elles pourront développer des projets au profit des communautés locales qui auront une incidence directe et positive sur l’amélioration durable de leurs conditions d’existence.