La campagne sucrière bat son plein. Les coupeurs de cannes se retrouvent au premier rang des étapes menant à la production du sucre. Jugée trop pénible, cette profession est en voie de disparition. La moyenne d’âge est de 40 ans. La relève se fait rare et la mécanisation prend peu à peu du terrain. Scope a rencontré quelques-uns des derniers coupeurs de cannes à Maurice. Des figures emblématiques dont les coups de machettes ont marqué à jamais l’histoire de l’industrie sucrière.
Bon Espoir, St-Julien. Il est bientôt 8h. Loin de la route principale, loin des premiers signes de réveil du village, nous empruntons le tracé rocheux d’une parcelle escarpée au milieu d’un champ de cannes. Des amas de tiges dorment au sol. Signe que la saison de la coupe 2016 est bien lancée. Dès que le moteur de la 4×4 s’éteint, une symphonie nous accueille. Celle des feuillages secs dansant au rythme du vent, mêlée au son des coups de machettes. Nous apercevons ensuite des silhouettes surmontées de larges chapeaux. Ça s’active entre les rangs de cannes. Hommes ou femmes ? De loin, rien ne les distingue. Manches longues, pantalon, bottes et gants, ou encore foulard, les coupeurs et coupeuses arborent le même uniforme. Impératif pour se protéger du soleil ou du froid matinal, des duvets et des feuilles très coupantes, et pour éviter les fournis et autres bestioles.