Alors que la situation dans l’industrie du thon empire avec la décision des autorités espagnoles d’arrêter la pêche d’albacares (thons à nageoires jaunes) à partir du 5 novembre, la MEXA s’insurge contre la lenteur avec laquelle le commissaire européen responsable de la pêche traite les revendications mauriciennes.
« Malgré les démarches quotidiennes des autorités mauriciennes dont le ministre des Affaires étrangères et l’ambassadeur de Maurice à Bruxelles auprès du commissaire européen responsable du dossier de la pêche, ce dernier semble n’avoir aucune considération par rapport à l’urgence de la situation », a déclaré la directrice de la MEXA, Lilowtee Rajmun.
Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, accompagné de la directrice de la MEXA s’était rendu à Bruxelles le 11 septembre dernier afin de négocier une dérogation pour l’importation de 4 000 tonnes de thon en dehors de la zone océan Indien.
Selon Lilowtee Rajmun, les techniciens européens ont déjà fait leur travail mais le commissaire européen responsable du dossier n’a pas signé la lettre approuvant la demande mauricienne jusqu’ici.
« Pas plus tard que la semaine dernière, alors que nous participions à la réunion EU/Afoa dans le cadre de l’accord de partenariat économique, nous avons eu l’occasion d’évoquer ce dossier avec les représentants européens qui nous ont donné l’assurance que nous recevrons une lettre bientôt. Or nous n’avons rien reçu jusqu’ici », souligne la directrice de la MEXA.
Il semblerait que le commissaire européen souhaiterait que Maurice suive le « derogation process » normal qui prendra une durée de 75 jours pour être approuvée. Ce qui amène à l’année prochaine, lorsqu’on n’aurait plus besoin des dérogations.
La situation dans l’industrie du thon devrait empirer car elle ne pourra plus obtenir du poisson des navires espagnols. Les autorités leur ont, en effet, demandé de cesser la pêche de thon jaune à partir du 5 novembre. « Où obtiendrons-nous du poisson pour faire fonctionner nos usines ? » se demande Lilowtee Rajmun, qui souligne le mécontentement du secteur privé mauricien.
En raison des quotas imposés pour la pêche au thon dans l’océan Indien et de la surpêche, qui fait que la majorité des navires européens et seychellois opérant dans la région ne pourront poursuivre leur campagne de pêche jusqu’à la fin de l’année, les conserveries mauriciennes font face actuellement à une pénurie de matière première. D’où les efforts conjugués du gouvernement et du secteur privé afin de trouver une solution alternative, qui permettrait à ces conserveries de fonctionner normalement.
Le ministre des Affaires étrangères, qui se rendra à Bruxelles cette semaine pour une réunion du groupe ACP, devrait faire à nouveau une tentative auprès du commissaire européen pour accélérer l’octroi d’une dérogation à Maurice.