Faisant suite à une requête des syndicats de l’industrie sucrière, portant sur une ouverture des négociations concernant l’introduction d’une pensionable allowance de l’ordre de Rs 2 000 et la mise en place d’un Human Dignity Fund, la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a clairement fait comprendre qu’elle met un terme au Procedural Agreement existant avec les syndicats. Une position qui provoque un véritable tollé dans le milieu syndical du sucre.
Dans une correspondance destinée aux syndicalistes, datant du 13 mars, le directeur de la MSPCA Jean Li Yuen Fong indique que conformément à une résolution adoptée à l’assemblée générale du 29 février, les négociations collectives à venir devront désormais se tenir au niveau des compagnies sucrières et non de l’industrie. Cette décision a comme principal objectif de refléter les nouvelles réalités du secteur. « We wish to inform that at our last Annual General Meeting that was held on 29 February, members of the MSPA have voted a resolution so as to hold future collective bargaining at the level of each company, in order to reflect the economic, commercial and operational differences that now exist in the sector. Moreover, the MSPA members have pledges to meet all their obligations under the existing agreement signed between the MSPA and the various trade unions », explique Jean Li Yuen Fong. « The MSPA members are of the opinion that such a shift to collective bargaining at enterprise level is a very positive development as it will be beneficial to both employers and their respective employees, particularly in the context of the new economic environment. In line with the provisions of the Employment Relations Act, the MSPA members will soon initiate the mechanism necessary to conduct collective bargaining directly with trade unions duly recognized at enterprise », conclut le directeur de la MSPA.
Cette position de la MSPA est quasiment accueillie comme une déclaration de guerre par les syndicats regroupés dans le Joint Negociating Panel dont l’Union of Artisans of the Sugar Industry, l’Artisan General Workers Union et le Sugar Industry Labourers Union. En guise de réplique, les syndicats envisagent sérieusement de faire une demande formelle pour le gel des bénéfices accordés par l’État à l’industrie sucrière. « La décision de la MSPA représente une deuxième déclaration de guerre aux travailleurs de l’industrie sucrière après le deadlock des travaux du NRB. La MSPA tente de pratiquer à nouveau sa vieille stratégie de l’époque coloniale “divide and rule” pour se diriger vers la détérioration des conditions de travail au sein du secteur. Li inportan soulinye ki malgre ki MSPA pe “rezilie” bann Procedural Agreement ekzistan avek bann sindika, MSPA pa finn disoud. Li pou kontinye ekziste. Li pou negosye bann benefis pou bann konpani sikriye o nivo nasional, me dorenavan pou refiz negosye o nivo nasyonal, kan travayer ena pou gayn bann benefis », soutiennent Ashok Subron et Serge Jauffret de la JNP dans un communiqué. Avant d’ajouter qu’« après cette décision de la MSPA, le JNP envisage de demander au gouvernement de geler les bénéfices que l’État accorde aux compagnies sucrières au niveau national. Soulignons que la MSPA siège sur le Sugar Reform Trust, qui décide de l’allocation des fonds publics aux compagnies sucrières. Nous condamnons la première déclaration du ministre du Travail Shakeel Mohamed au sujet de cette résiliation ». Ainsi, une campagne de mobilisation sur les établissements sucriers est prévue en vue d’élaborer la marche à suivre dans ce conflit industriel.