L’ouverture du tronçon affaissé de l’autoroute M3 (Terre-Rouge/Verdun) prévue au mois de mars n’aura pas lieu. Les travaux ne sont pas encore terminés et trois mois seront nécessaires pour réhabiliter cette route endommagée. À ce jour, 168 pieux sur 180 sont déjà installés.

La dernière phase d’installation des pieux a été constatée de visu par le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, samedi matin. La solution technique appliquée, trois mois seront encore nécessaires pour que les automobilistes puissent à nouveau utiliser la route réparée. Il y a eu un peu de retard, selon le ministre Nando Bodha, à cause de la manifestation des gilets jaunes. De ce fait, il a fallu attendre l’arrivée d’une substance spécifique qui est mélangée au béton. « Comprendre la partie affaissée nous a de- mandé un peu de temps », a concédé Nando Bodha. En effet, la partie qui s’est affais- sée s’étend sur 300 mètres et la fracture de 200 mètres. Le glissement de la pente en est la cause. D’où la nécessité, selon le ministre, de trouver « une solution verticale et
une autre horizontale ».La phase des pieux est terminée. « Nous avons fait une excavation de 200 000 tonnes que nous devons remplacer », a-t-il dit. Il a fait ressortir « que 100 000 tonnes ont déjà rempli une bonne partie du terrain excavé » et que « 1 000 tonnes vont remplir la partie manquante », soit 50 camions qui devront faire le va-et-vient. « Il nous nécessitera encore 100 jours pour tout remplir », a-t-il dit. Ces 180 pieux sont de 25 mètres et leur diamètre est de 80 mm.

Comparant le cas de Maurice à celui de France, Dominique Batista, chef de service Mech et Sol à Cerema, a déclaré que « des cas identiques ont été identifiés en France » et que jusqu’en 2005, ces glissements étaient considérés comme non-sécurisables. « Ce n’est qu’à partir de 2010 que des travaux de confortement de ce type ont été envisagés en France et donnent entière satisfaction. » Selon l’ingénieur, le glissement de l’autoroute M3 est « hors norme ». D’où une solution qui s’adapte au contexte local. Selon lui, « la route a été affectée par un glissement très profond » alors que la courbe de rupture se situe à 25 mètres de profondeur dans une couche de brèche argilisée. « C’est un glissement très puissant, très profond et très complexe à stabiliser », a-t-il déclaré. Ainsi, 180 pieux fortement armés de 25 mètres de profondeur totalisant 5 km et 6 000 tonnes de béton devront renforcer cette partie affaissée.

Bertrand Hanauer, CEO de Transinvest, explique qu’une rangée de pieux dis- continus a été installée pour qu’il y ait un système de drainage en dessous. « L’un des facteurs le plus important de la déstabilisation est l’eau », dit-il. Les travaux, selon lui, touchent à leur fin et permettront de dégager la plateforme pour terminer le remblai. Des contrôles techniques seront aussi effectués.

La première partie du projet alloué à Transinvest s’élève à Rs 283 millions et la deuxième partie allouée à Sinohydro pour les pieux est de Rs 133 millions. Une fois la route opérationnelle, la Road Development Authority utilisera des inclinomètres pour détecter le moindre mouvement.