À l’annonce de l’avertissement de classe II, les rues menant vers Sable-Noir et Canal Dayot, hier après-midi, semblaient désertes. L’inquiétude se lisait sur le visage de certains habitants de ces régions considérées comme à risques. D’autres, plus intrépides, allaient admirer les grosses vagues, écoutant attentivement la météo sur leurs portables. Constat.
Hormis quelques intrépides qui avaient choisi de se retrouver face à la mer de Sable-Noir, la plupart des habitants avaient choisi de rester à l’abri. Dorian et ses amis aiment voir les vagues venir s’échouer sur la plage. « Li enn landrwa bien popiler akoz kouler disab. Kan ena gro lapli ek inondasions, dilo kouver disab-la. Lerla bizin res lwin ». Une mer démontée comme pour rappeler aux plus hardis que la prudence est de mise.
À Sable-Noir, l’on craint que le pont ne soit submergé et qu’il y ait mort d’homme. Aux abords d’une ruelle, à quelques pâtés de la plage, trois jeunes achètent des mines Apollo chez le boutiquier du coin. Sourire timide lorsqu’on demande ce qu’ils font sous la pluie, l’un des trois rétorque : « La vie doit continuer malgré le cyclone ». Yan, le boutiquier, est plus inquiet. « Kanal-la ki pe koz problem e bizin pran aksion o pli vit ». Il se souvient très nettement de ce fameux 30 mars 2013, où Maurice a vécu l’horreur. « Dilo-la sorti depi Reine-de-la-Paix avek so ban eboulman. Tou sa lafors dilo la desann isi e fode ki gouvernman vinn get problem bann drin ek bann infrastriktir ».
À Canal-Dayot, Grande-Rivière-Nord-Ouest, autre région qui a subi les inondations meurtrières du 30 mars 2013, les habitants craignent d’être submergés par une eau boueuse suites aux pluies diluviennes. La rivière St-Louis, connue autrefois comme Canal Dayot, a été nettoyée, mais les habitants ont toujours peur. À l’étage de sa maison, Sylvette Brutus semble inquiète. Son fils, Thierry, au rez-de-chaussée, remet des ustensiles de cuisine à sa mère. Le 30 mars 2013, un poids lourd avait foncé droit sur sa maison. L’eau avait atteint la hauteur du plafond au rez-de-chaussée. Sa mère, sa nièce et sa soeur avaient dû se réfugier chez une voisine, les panneaux de vitres ayant volé en éclats suite aux déluges. La rivière se trouvant non loin ne pouvant supporter le volume supplémentaire d’eau, celle-ci avait déferlé en cascade et tout inondé sur son passage.