Le président du conseil d’administration d’AfrAsia Bank, Arnaud Lagesse, déclare être serein par rapport à l’avenir suite au problème survenu chez Kingdom Bank Limited, une subsidiaire d’AfrAsia Kingdom (Zimbabwe), dans laquelle elle détient 36 % des actions d’une valeur de 9,5 millions de dollars. « ll est faux de dire que cette banque va s’écrouler ; cela n’arrivera pas. C’est une mauvaise impression », estime, pour sa part, le CEO d’AfrAsia, James Benoit. C’était lors d’une conférence de presse, hier, pour dissiper tout malentendu qui circule à ce sujet depuis la parution d’un article dans certains médias zimbabwéens.
Cet investissement d’AfrAsia dans cette banque zimbabwéenne remonte à janvier 2012 avec la décision de son conseil d’administration d’investir dans la région. Il représente que 1 % de ses actifs d’environ un milliard de dollars. « Cet investissement a été également stratégique pour nous, puisque l’Afrique fait partie de la stratégie de développement d’AfrAsia et le Zimbabwe, malgré ses problèmes politiques et malgré tout ce qu’on peut penser sur le régime de Robert Mugabe, représente, à notre avis, un potentiel de développement dans un futur pas très lointain », a déclaré M. Lagesse. Le problème à la Kingdom Bank Limited, découle, selon lui, d’un cas de « non-performing loan » où le client essaye de défendre sa position afin de ne pas tout perdre dans cette affaire. « Nous avons, nous, le soutien total des autorités zimbabwéennes, dont le gouvernement et la Banque centrale de ce pays. Nous sommes, donc, sereins par rapport à l’avenir », a-t-il ajouté.
Pour sa part, M. Benoit a indiqué que la banque fonctionne normalement et l’on est en train de régler cette affaire à l’amiable. « Les opérations au Zimbabwe n’ont aucun impact sur celles de Maurice, ni d’un point de vue opérationnel et ni financier », a-t-il souligné, avant de faire ressortir que le conseil d’administration d’AfrAsia à Maurice a une vue complète de tous les aspects des opérations au Zimbabwe. Arnaud Lagesse a ajouté que ce qui se passe dans ce pays n’affecte en rien les activités d’AfrAsia à Maurice, cela dans le but de rassurer ses clients. « Le problème se situe avec un client au Zimbabwe où nous comptons beaucoup de clients », a-t-il indiqué.
Interrogé par Le Mauricien quant au choix du Zimbabwe par rapport à d’autres pays à régime plus démocratique, M. Lagesse a souligné que ce pays avait atteint le plus bas de la vague et que le potentiel de remonter la pente était important. « L’investissement que nous avons fait est tourné vers l’avenir. Le Zimbabwe, de par les richesses de son sous-sol, de par la qualité de sa population et de par les investissements étrangers qui arrivent dans ce pays, représente pour nous un réel potentiel de croissance », a-t-il dit. Selon lui, le Zimbabwe est un terrain logique d’investissement pour AfrAsia tout en sachant que cette banque regarde aussi d’autres potentiels d’investissements dans d’autres pays limitrophes en Afrique de l’Est. Il a aussi dit que le Zimbabwe a une économie qui est « dollarisée » complètement. « Nous investissons, donc, en dollars avec un risque d’échange qui est quasi nul. Le billet vert est en circulation. L’inflation est presque à zéro. C’est un autre critère qui nous a guidé dans notre investissement », a-t-il fait ressortir.