Jacques Maunick joue sur le clavier de l’humour et lance Le dodo déplumé. Une parution satirique qui se joue de l’actualité avec subtilité et qui joue avec les mots sur internet (www.ledododeplume.com). L’homme des médias explique le comment du pourquoi et même davantage.
Pourquoi le dodo déplumé ?
Parce que je cherchais quelque chose qui fasse mauricien, qui soit humoristique et qui reflète en même temps un humour caustique. Ce titre est aussi dans l’esprit de ce que je veux faire. C’est-à-dire, détourner l’essentiel de l’information pour faire rire ou sourire, railler, dérailler, déconner. Évidemment, pas de propos injurieux ni diffamatoires, mais jouer sur le clavier de l’humour à travers les jeux de mots.
Le nom “dodo déplumé” fait penser au “canard enchaîné”…
Je n’ai certainement pas cette prétention. Le Canard Enchaîné est une institution mondiale. Et à chaque fois que je me rends à Paris, je me fais un plaisir de le lire pour entretenir l’esprit d’à-propos.
Etes-vous le seul rédacteur du Dodo déplumé ?
Oui. C’est un projet que j’avais depuis quelques temps. Je me suis dit : “Ce n’est pas le tout de ruminer. Essaie de mettre en exercice.” Je m’y suis mis vers septembre de l’année dernière, pour d’abord trouver un format différent. Puis une écriture journalistique différente, car on ne peut pas écrire sur le web comme on écrit dans un journal. Il s’agit aussi de trouver des titres et des chutes qui accrochent. Et un contenu “dan mo kafe pena triyaz”.
Il y a de l’humour à plusieurs degrés. Il y a l’humour au premier et au deuxième degré, mais pas d’humour gratuit chez Le dodo déplumé. Derrière cet humour qui se veut décapant, caustique, il y a des idées qui véhiculent quelque chose et donnent à réfléchir.
À qui s’adresse ce site ?
À tous ceux qui vont sur internet. Vous savez que, maintenant, les moyens d’information se diversifient. On fait de plus en plus appel au Net et on en fera davantage. Des groupes de presse deviennent des groupes multimédia avec de grandes voies sur internet. Même la presse papier se met en ligne, parce que c’est dans l’air du temps. En France, des journaux ont carrément fermé mais existent maintenant sur le Net. Sans prétention, j’ai voulu entrer sur le Net et contribuer de façon modeste à quelque chose d’original, faisant preuve de créativité dans l’humour. Ce qui ne se fait pas habituellement ici. On en dit parfois plus par une caricature que par un long éditorial.
Pourquoi les journaux devrait-ils faire preuve d’humour ?
La presse à Maurice joue son rôle de chien de contre-pouvoir, et c’est très bien dans un pays démocratique. Elle se diversifie et a beaucoup changé. Mais je trouve que l’humour n’a pas assez de place dans la presse écrite et parlée. L’humour mettrait une certaine distance par rapport aux événements. C’est très important pour pouvoir prendre de la hauteur. Ça nous permet de rire de nous-mêmes. Une personne qui n’a pas l’humour de rire de soi-même et qui se prend pour le centre de la Terre est limitée. L’humour permet également de passer un certain nombre d’idées et peut donner à réfléchir tout en riant sainement et intelligemment.
Pensez-vous qu’une information dosée d’humour passe mieux auprès du public ?
Auprès d’un certain public ! Sans vouloir faire de comparaison, vous connaissez l’esprit des Guignols, ou l’esprit des humoristes comme Stéphane Guillon qui va, lui, très loin. Nous n’en sommes pas là à Maurice, et ce n’est pas demain que nous aurons ce genre de choses. Je n’ouvre qu’une petite porte à travers Le dodo déplumé. Je regrette qu’il n’y ait pas plus d’humour dans la presse et que ce soit toujours très sérieux. Les éditoriaux, les commentaires, c’est très bien tout ça, c’est le rôle de la presse. Mais parfois, se moquer de soi-même est une forme de santé mentale.
Une chute explicative pour conclure cet entretien…
Le dodo déplumé reste fondamentalement de l’information. Vous avez l’information et son commentaire et presque un petit édito, mais sous forme de jeu de mots. Comprenne qui voudra.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
AU PAYS DE … GALE
Il s’est invité au grand débat (déballage ?) sur l’abolition ou non du Best Loser System dans le cadre de la réforme (méforme) électorale. Grand amateur de foot anglais, sir Anerood Jugnauth est allé droit au but en décochant un obus : « Banne ki pé koz pense tir BLS pé rode la gratel ! ». Ça le gratouillait trop.
Déclaration faite à Rodrigues lors de la cérémonie de prestation des nouveaux membres de l’assemblée régionale. Le président de la République aurait pu tout aussi bien en… dosser cette autre formule : « Na pas gratte lédo malhère ». Un… Navin, même du haut de son gratte ciel, averti en vaut deux.
Fallait être naïf pour croire que SAJ allait se contenter d’être un gratte papier au Réduit (c’est… réducteur) et se cantonner (le roi Eric !) à galérer. Il en faut peu pour réveiller la bête politique qui sommeille (pour le moment ?) en cet octogénaire. Un poil à gratter à ne pas prendre à rebrousse poil !