La municipalité de Port-Louis ne lui ayant pas accordé la permission d’utiliser le kiosque du Jardin de la Compagnie pour entamer sa grève de la faim illimitée, le syndicaliste et porte-parole de la Fédération des travailleurs unis (FTU), Atma Shanto, a annoncé, lors d’un point à midi, qu’il suspendait son action mais que celle-ci demeure bel et bien à l’agenda du syndicat pour mettre en exergue un conflit entre l’hôtel Saint Géran et l’Organisation of Hotel, Private Club and Catering Workers Unity, affiliée à la FTU.
Dans une lettre datée du 21 mai 2016 adressée au secrétaire de la ville, avec copie au Lord-Maire, le porte-parole de la Fédération des travailleurs unis a informé la municipalité de sa décision de commencer une grève de la faim à partir de midi ce mardi 24 mai. Il avait demandé par la même occasion à la mairie de Port-Louis que des facilités soit accordées à la fédération, tels que l’approvisionnement en éclairage sous le kiosque, de garder les toilettes et ainsi que le Jardin ouverts la nuit afin que les visiteurs puissent rendre visite au gréviste de la faim. La municipalité de Port-Louis a répliqué, dans une lettre datant d’hier, que l’autorisation au syndicaliste d’utiliser le kiosque du jardin « cannot be entertained ».
Atma Shanto, commentant la situation, entouré des dirigeants de la Fédération a affirmé que ses demandes étaient « raisonnables et légitimes »; il a mis en exergue le fait que le kiosque du Jardin de la Compagnie est un lieu symbolique pour l’histoire des travailleurs et la classe syndicale à Maurice. « La municipalité n’a aucune raison de ne pas nous accorder le droit d’utiliser ce kiosque », souligne ce dernier, qui estime « que la démocratie et la liberté d’expression sont à la dérive ». Le syndicaliste se dit convaincu que cette décision « inn sorti depi lao ».
L’origine de cette volonté de grève était un conflit entre le syndicat et l’hôtel St-Géran pour non-respect du délai pour la signature d’un procedural agreement en vue de la mise sur pied d’un Joint Negotiating Panel entre le St-Géran Hotel Workers Union et l’Organisation of Hotel, Private Club and Catering Workers Unity pour les besoins du collective bargaining. « La réponse et la signature de l’hôtel à ce document se font attendre depuis 11 mois et ce délai a expiré le 15 mai 2016 », a fait comprendre le syndicaliste, qui précise que la grève constituait le dernier recours pour dégager une solution. Ce dernier a également ajouté que ce ne sera que partie remise car la grève figure toujours à l’agenda du syndicat.  « N’ayant pas d’alternative, nous avions décidé de reporter la grève de la faim », a-t-il déclaré.