Tandis que les autorités tendent à prendre des pincettes pour leur en parler, eux n’ont plus de tabous quand il s’agit de sexualité. Le sexe est un sujet banal chez les jeunes, qu’ils soient actifs ou pas. À peine entrés dans l’adolescence, ils sont déjà exposés à ce sujet grâce à la technologie et aux amis. Ils sont nombreux à connaître leurs premières expériences très tôt. L’absence d’un franc-parler autour de la question avec les éducateurs et les parents les conduit souvent à un comportement à risques.
Dans le cadre de la Journée Mondiale de la Jeunesse, qui sera marquée le 12 août, le sujet revient sur le tapis.
Ryan a 15 ans. Il témoigne: “Si je ne tire pas un coup au moins deux à trois fois par semaine, je ressens comme un manque cruel. Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis un addict du sexe, mais c’est devenu indispensable pour me sentir bien dans ma peau.” À 17 ans, Selma a un avis bien tranché : “Le sexe, c’est loin d’être sale ou mal, comme on a essayé de me le faire croire en évoquant des traditions coincées.” Joyce, 16 ans, avoue : “Quand je sors avec quelqu’un, le sexe fait partie intégrante de notre relation.” Du même âge qu’elle, Jaysen affirme : “Pena enn laz pou gagn rapor sexsiel. Sa ve pa dir ki si ou zenn ou pa konn fer seki bizin. Si ou santi ou pare pena pou ezite.”
Chez ces jeunes que nous avons rencontrés, aucune hésitation pour parler de sexualité. Les médias et l’internet les exposent davantage au sujet; les moeurs ont changé depuis longtemps. Résultat : ils franchissent le pas de plus en plus tôt. Et si ces nouveaux “actifs” pensent tout maîtriser, il n’en demeure pas moins que des questions et interrogations sont toujours présentes. Ainsi, leur ignorance se mêle à certaines idées reçues. Au fil des confidences, il est confirmé que la pornographie et la sexualité vont souvent de pair.