Il a connu les Jeux Olympiques en tant qu’athlète, notamment aux Jeux d’Atlanta (1996) aux États-Unis — il était alors le plus jeune mauricien à 17 ans seulement – à Sydney en Australie (2000), à Athènes en Grèce (2004) avant de conclure par les Jeux de Pékin en Chine (2008). Le spécialiste du 400m, Eric Milazar, sera cette fois présent à Rio en tant qu’entraîneur d’Aurélie Alcindor, quatre ans après avoir accompagné Fabrice Coiffic et Anabelle Lascar aux Jeux de Londres en Angleterre. C’est dire qu’Eric Milazar est un des rares athlètes mauriciens à avoir vécu autant de Jeux Olympiques.
« Je serai à mes sixièmes Jeux dont quatre en tant qu’athlète et j’en suis très honoré. C’est une grande fierté et une grande joie de pouvoir être présent à la plus prestigieuse des compétitions planétaires. Pour l’avoir vécu en maintes occasions, je sais ce que cela représente dans la vie d’un athlète. C’est un moment extraordinaire », a-t-il d’emblée déclaré à Week-End avant de mettre le cap sur Rio. Pour Eric Milazar, les Jeux olympiques sont une compétition qui transcende un athlète pour toute une carrière, relate celui qui a eu la chance de participer à ses premiers Jeux en 1996 avec l’équipe nationale du 4X400m.
À l’époque, il n’avait jamais encore eu la chance de participer à une grande compétition. « C’était grandiose de découvrir cet environnement. Une expérience inoubliable. J’ai eu l’occasion de voir Michael Johnson battre le record du monde du 200m (19:32). Cela restera à jamais graver dans mes souvenirs. C’est alors que je me suis dit : pourquoi pas moi. J’ai même eu la chance de voir mon idole de toujours, l’Américain Carl Lewis. Cela a été une grande inspiration, voire une grosse impulsion pour la suite de ma carrière », a-t-il indiqué.
Aux Jeux de 2000, Eric Milazar atteindra les quarts de finale du 400m avec une cinquième place en 45 : 52, puis quatrième lors de la demi-finale aux JO de 2004 (45 : 23) et septième à Pékin lors des séries (46 : 06). Il n’empêche que la grosse expérience acquise aux JO lui a permis de régner sur l’Afrique en devenant le seul athlète à avoir été champion d’Afrique trois fois d’affilée (2000, 2002 et 2004). « C’est justement ma participation aux Jeux Olympiques qui m’a rendu aussi puissant sur le tour de piste. Les JO d’Atlanta m’ont forgé pour ce que j’ai été pendant toute ma carrière. Je me suis dit qu’il fallait que je travaille beaucoup pour être un jour un grand champion. C’est ce que j’ai fait aussitôt rentrer à Maurice en 1996 », a-t-il fait ressortir.
Un tout autre monde
Pour la première fois depuis 1996 d’ailleurs, Eric Milazar foulera à nouveau le sol américain pour participer à une compétition. « Aurélie (Alcindor) aura la chance de débuter dans une édition des JO et ce sera une expérience unique pour elle. Je lui ai déjà partagé mon expérience personnelle et elle a hâte d’y être aussi. Elle est très motivée et je suis convaincu qu’elle tirera le maximum d’enseignement pour booster sa carrière comme moi je l’ai fait. Elle aura l’occasion de rencontrer des athlètes de niveau mondial et j’espère que cela lui serve de déclic. Elle découvrira un tout autre monde, non seulement en compétition, mais aussi à l’heure de l’échauffement qui est, selon moi, un moment unique », a-t-il fait remarquer.
Eric Milazar a conclu en indiquant que l’objectif d’Aurélie Alcindor est d’améliorer son chrono au 200m et d’emmagasiner le maximum d’expérience pour la suite de sa carrière. « Ces JO seront très importants pour Aurélie. Rio devra être un tremplin et elle en est consciente. Elle s’est bien préparée et sait aussi que cela ne sera pas facile. Il n’empêche qu’elle a beaucoup à gagner pour la suite de sa carrière », relate son entraîneur.