Le football reste la discipline la plus populaire des Jeux des îles. C’est un fait que la nation qui remporte le tournoi de football s’impose comme LA nation des Jeux, même si, à l’arrivée, il ne s’agira que d’une médaille d’or. À Maurice, les deux équipes ont été préparées en fonction de l’événement qui retiendra l’attention de toute la région. Quelles sont les chances des footballeurs locaux, tant chez les hommes et que chez les dames, à une semaine de leur première confrontation ? Si les garçons ont pu se mesurer à quelques pointures africaines, les filles, elles, ont dû se contenter de stages locaux. Cela pèsera-t-il dans la balance à l’heure d’entrer en scène ? Réponse le 8 août au stade de Saint Denis.
CLUB M:Espérer mieux qu’en 2011
Lorsque les footballeurs mauriciens entreront dans l’arène du stade de Saint Pierre le 31 juillet prochain, ils auront en face d’eux l’éternel adversaire réunionnais, le frère ennemi honni. Ils auront surtout en face d’eux l’équipe la plus titrée des JIOI, avec trois finales remportées en neuf éditions. Le moment de faire des complexes ? Du tout. Surtout quand on sait que Maurice a, au minimum, un statut de médaillé d’argent à défendre face à la sélection réunionnaise. Pour cela, il faudra d’abord frapper fort.
Avant de penser à la finale, il convient de bien tracer le chemin en route pour cette ultime joute. Pour cela, la préparation du Club M a pris des allures, sous l’impulsion de Didier Six d’abord et d’Alain Happe ensuite, de campagne africaine, se retrouvant en Afrique du Sud pour la COSAFA Cup, puis au Ghana pour la CAN et à nouveau en Afrique du Sud pour les éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations (ChAN).
Certes, les résultats n’ont pas été probants sur la scène continentale, avec trois défaites et une victoire. Celle contre le Ghana (7-1), suivie de deux autres (3-0, 2-0) contre l’Afrique du Sud, semblent mal passer. Le Club M s’est toutefois consolé avec une victoire 1-0 face aux Seychellois lors de la COSAFA Cup.
Ce qui a cependant permis à Alain Happe de mettre sur pied un groupe rajeuni, avec l’inclusion de jeunes éléments, à l’instar de Christopher L’Enclume ou Kevin Perticots. « C’est peut-être un pari risqué, mais il s’agit de montrer que nous avons une équipe qui peut aller jusqu’au bout », explique Alain Happe.
Il y a cependant certains paramètres qu’il ne maîtrise pas totalement. L’état de fraîcheur de ses protégés tout d’abord. Le championnat s’est déroulé sur 36 journées, sans compter les différents matches de coupes et les différentes sorties internationales depuis le début de l’année.
Ce qui pose quelque part un gros problème au sélectionneur. En effet, si les secteurs défensif et de récupération sont garnis, Alain Happe se retrouve encore une fois devant l’hécatombe du buteur capable de faire basculer un match. Hormis Andy Sophie, qui a marqué à chaque sortie internationale, on ne voit aucun prétendant se positionner pour porter la responsabilité de l’attaque mauricienne. Dans un bon jour, les Stephane Pierre, Fabien Pithia ou encore Christopher L’Enclume peuvent débloquer un match. Mais il manquera toujours un pur attaquant pour porter le danger dans le camp adverse.
Ensuite, une infirmerie trop garnie à son goût, les prétendants au poste de buteur y semblant cantonnés. « Jonathan Ernest n’est pas au mieux et on essaye toujours de remettre Gurty Calembé sur pied », explique encore l’entraîneur. Il a donc fait appel à Arnaud Stafford, le buteur de l’AS Quatre-Bornes (12 buts en championnat) pour pallier l’absence. « Il s’est bien montré lors du match contre l’Afrique du Sud ». Ashley Nazira, à l’essai lors du match retour de ChAN contre l’Afrique du Sud, n’a pas convaincu. « Je lui reproche de ne pas s’être assez montré ».
Cela dit, les blessures et les forfaits des uns ont favorisé l’arrivée des autres. Mais le sélectionneur ne se résout toujours pas à enrôler Sewram Gobin, meilleur buteur du championnat avec 26 réalisations. « L’âge de Sewram Gobin joue contre lui. Je maintiens mon pari de partir avec les jeunes ». En outre, il devra se passer des services de Ludovic Lafoudre et de Yash Veeranah, blessés eux aussi, et des frères Kevin et Jonathan Bru, pris avec leurs clubs respectifs.
Pari gagnant ? La question est posée. La longue série de défaites a montré que le Club M a encore du travail à faire si les protégés d’Alain Happe veulent conquérir la médaille d’or qui leur a échappé en 2011. Mais avant de rêver à la finale, il faudra d’abord passer les caps réunionnais et comorien.